1.5 Léon Tolstoï

Au début de l’année 2013, je choisis de rendre hommage à ce grand homme qui a marqué la fin du 19è siècle et qui a grandement contribué à la révolution culturelle et politique dans son Pays. Léon TOLSTOI, par-delà le temps et l’espace, m’a inspiré et a été probablement à l’origine du réveil de l’écrivain qui sommeillait en moi.

Biographie

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Léon Tolstoï naît le 28 août 1828, dans le domaine Patriarcal de Iasnaïa Poliana au sein d’une ancienne famille appartenant à la noblesse russe. Il perd ses parents très tôt et est élevé par une tante. Si, très jeune, il se passionne pour la littérature et la philosophie, son parcours universitaire n’est pas une réussite. Il quitte l’université et pendant quelques temps il mène la vie à grands guides et affiche son aristocratie. Mais déjà en butte à des préoccupations intérieures, il s’apperçoit qu’il risque de s’enlisser irrémédiablement et décide de fuir loin des tentations. Il s’exile dans le Caucase avec son frère Nicolas.  Pendant cette période il va se trouver dans une solitude morale et spirituelle qui le fait souffrir profondément mais qui va générer un travail littéraire intense. Il écrit notamment « Enfance«   une nouvelle qui remporte un franc succès. Dans cette lignée autobiographique, il écrit Adolescence et Jeunesse. Mobilisé pendant quelques temps dans le conflit de Sébastopol, le spectacle de la mort le boulverse et lui inspire « les souvenirs de Sébastopol«  qui le porte aux nues. Mais déçu par le monde littéraire, il n’en profite pas et tourne le dos au milieu des écrivains. Après avoir assisté à la mort de son frère Nikolenka il est ébranlé. Est-ce alors dans l’espoir d’échapper à ses touments qu’il entreprend, à cette époque,  un voyage à travers l’Europe ? A son retour il rejoint sa ville natale et fonde une école où il fait lui-même la classe aux enfants des paysans du village. Mais il abandonnera vite ses tentatives pédagogiques. Il se marie en 1862 et aura treize enfants de cette union. Il publie en 1969 l’un des romans majeurs de son œuvre, Guerre et paix, qu’il consacre aux conflits napoléoniens. Le succès international est immense et sera encore renforcé par Anna Karénine (1877). Entre-temps il achève une nouvelle étape de sa vie spirituelle. Après une longue quête et des années d’angoisse, il arrive enfin à la foi. Une foi qui lui est personnelle. Il va jusqu’au bout de ses impératifs moraux en s’efforçant de les mettre en pratique dans sa vie quotidienne.  Il choisit de mener une vie de paysan austère plutôt que de jouir des mondanités que son succès lui offre. Il publie de nouvelles œuvres témoignant de ses considérations religieuses et en 1899 dans Résurrection, il attaque violemment la hiérarchie ecclésiastique qui finira par l’excommunier en 1901. A 82 ans, en conflit avec les siens et en proie à une crise terrible, il s’enfuit et tombe malade dans le train. Il meurt le 7 novembre 1910 dans la gare d’Astapovo.

LE PENSEUR

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Nourri par un vitalisme instinctif, Tolstoï a toujours été dominé et dirigé par le besoin d’une règle de conduite absolue.  Nicolas Weisbsen, professeur à la Sorbonne et auteur de « Tolstoï » dans la collection « les Philosophes » des Presses Universitaires de France, écrit:  »La pensée de léon Tolstoï est fondée sur trois préoccupations: intellectuelle d’abord, morale ensuite, religieuse enfin et surtout.« 

Dans son crédo, le penseur déclarera : « Je crois que la volonté de Dieu n’a jamais été plus clairement exprimée que dans la doctrine du Christ-homme ; mais on ne peut considérer le christ comme Dieu… ». Dans la seconde moitié de sa vie, il va entreprendre un pèlerinage aux sources de la chrétienté et se pencher sur les textes évangéliques dans leur langue d’origine. Il découvre les passages clés qui lui permettront de comprendre la doctrine de Jésus dans sa pureté première. Deux versets de la Bible, comme deux traits de lumière, l’éclairent tout particulièrement.

-       Le premier « Vous avez entendu qu’il a été dit, œil pour œil, dent pour dent. Et moi je vous dis de ne point résister au mal » (Matthieu 5, 38)

-       Le second : « Je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres » Jean 13, 34)

Il prêche, dès lors, un christianisme renouvelé ramené à la stricte observance de la loi d’amour, au nom de laquelle il condamne les structures économiques, sociales et politiques du monde moderne et les formes d’art qui en sont le fruit. En refusant la violence par ce qu’il appelle « la non résistance au mal »  il devient le précurseur de la doctrine sur « la non violence » mise en application, d’abord par le Mahatma Gandhi et ensuite par Martin Luther King.

Son intransigeance rigoureuse de l’exigence morale appliquée à tous les domaines de la vie individuelle et collective a fait de lui l’un des maîtres spirituels du xxe siècle naissant. Evoquant sa vie Boris Pasternak écrivit : « En tout temps, il eut le don de voir les faits dans la finalité abstraite d’un instant pris isolément, dans une esquisse exhaustive brossée dans un relief absolu… »

ŒUVRES PARTIELLES

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Il n’est pas vain d’affirmer que toute la production de Tolstoï est d’abord dominée par le problème de la mort auquel il a été confronté dès son jeune âge.

Romans

  • Les Cosaques, 1863
  • Guerre et Paix, 1864-1869
  • Anna Karénine, 1873-1877
  • Résurrection, 1899

Nouvelles

  • Récits de Sébastopol, aussi intitulés Récits du Caucase, (1855)
  • La Matinée d’un seigneur (1856)
  • Trois Morts (1859)
  • La Mort d’Ivan Ilitch (1886)
  • La Sonate à Kreutzer (1889)
  • Maître et serviteur (1895)
  • Hadji-Mourat (1904)
  • Le Père Serge, publiée post-mortem (1911)

Autobiographie

  • Enfance (1852)
  • Adolescence (1854)
  • Jeunesse (1855)
  • Ma confession (1879- 1882)

Essais

  • Ma religion (1885)
  • Quelle est ma vie ? (1888)
  • De la vie (1889)
  • Le Royaume des cieux est en vous (1893)
  • Qu’est-ce que l’art ? (1898)

CITATIONS

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« L’argent ne représente qu’une nouvelle forme d’esclavage impersonnel …  »

 » Tout raisonnement sur l’amour le détruit. »

. » Ce n’est pas la violence, mais le bien qui supprime le mal. »

« Il ne faut écrire qu’au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l’encre, un morceau de ta chair reste dans l’encrier. »

« L’homme a la conscience d’être Dieu, et il a raison, puisque Dieu est en lui. Il a conscience d’être un cochon et il a également raison parce que le cochon est en lui. Mais il se trompe cruellement quand il prend le cochon pour un Dieu. »

Léon TOLSTOI et Moi

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Insa SANE est d’origine sénégalaise mais il est installé en France depuis l’âge de six ans. Il a été successivement musicien, comédien et écrivain. Dans un entretien accordé à Africultures, il a fait cette déclaration : « On a toujours besoin d’un maître. Je ne comprends pas les auteurs qui prétendent être nés d’eux-mêmes.»

Je me fie à ma propre expérience pour dire que je suis d’accord avec cette assertion.

 Ma rencontre avec Léon Tolstoï est un évènement qui pourrait se ranger dans les grands mystères de la vie que l’on peine à exposer en langage courant. Il n’est en effet pas aisé de trouver dans le répertoire de notre vocabulaire quotidien les mots pour évoquer un fait qui relève plus du mystère que du récit. Pardonnez-moi donc si je préfère garder jalousement l’essentiel de cette expérience dans mon jardin secret. Sachez tout de même que dès que le personnage s’est imposé à moi, je me suis lancé sur ses traces en jalonnant d’abord son œuvre à la lumière de plusieurs biographies qui lui avaient été consacrées et qui me l’ont peu à peu dévoilé.

Au-delà de son inexprimable talent d’écrivain, ses critiques à l’égard de l’institution politico-religieuse russe et son obstination à faire évoluer la société féodale, ont tout de suite suscité mon admiration. Son courage faisait penser à celui de David face à Goliath, en plus spectaculaire. Avec lui l’engagement va jusqu’au dépassement de soi. Il donne vie à ses idées en allant, par exemple, jusqu’à vivre en paysan austère plutôt que de jouir des mondanités que ses succès lui offraient. Ses interrogations sur la vie et ses réponses aux dimensions universelles qui débordent la penséee chrétienne, clairement exprimées dans « la voie de la vie »,  ont nourri mon propre questionnement. Plus tard ma vénération pour le penseur russe m’a entrainé jusque dans son pays où j’ai eu le bonheur de visiter sa maison à Moscou dans le quartier des Tisserands, presque misérable, ce qui l’avait justement attiré à l’époque où il s’y était installé. Là encore, j’ai vécu des moments difficiles à exprimer, comme se trouver devant le bureau sur lequel plusieurs de ses œuvres ont été écrites. Plus loin j’ai déambulé dans le musée qui lui fut consacré. Là une employée, déjà assez âgée mais très alerte et toute aussi attachante, m’a accompagné une partie de la visite pour tenter de m’apporter en russe, bien évidemment, quelques explications à propos des œuvres qui étaient exposées. Je ne parle pas le russe mais un langage commun, celui de notre passion pour l’écrivain, s’est imposé à nous et m’a permis de suivre une partie des explications de mon accompagnatrice en captant directement l’émotion qui précédait  son verbe.

Dans son approche de la conscience réfléchie, Tolstoï sentait obscurément, confusément le lien qui l’unissait, par-delà le temps et l’espace, à d’autres consciences réfléchies, comme si elles s’identifiaient à la sienne. Il se sentait parcelle infinitésimale, mais consciente, d’un tout mystérieux organisé.  Peut-être est-ce là que réside le mystère de notre rencontre.

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Qui est Timoun Kὸlbo ?

Publié dans : ||le 6 janvier, 2013 |Pas de Commentaires »

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