5.2 Au chevet de la Guadeloupe

Kὸlbo est une petite localité appartenant à la commune de Pointe-Noire, elle même située sur la Côte Sous le Vent en Guadeloupe. Inquiet des menaces qui pèsent sur mon île, dans ma trilogie romanesque je fais de ce hameau le laboratoire du peuple guadeloupéen à construire.

 LA MALADIE 

cartegpe.jpg

Il est inquiétant de constater, à quel point, le devenir de la Guadeloupe, est absent des fréquentes joutes politiques et sociales qui rythment notre société. Cependant vu les menaces économiques, sociales et environnementales,  qui pèsent sur nous on aurait tort de ne pas nous en inquiéter.

Si les mouvements sociaux permettent de faire remonter des problèmes dissimulés derrière une façade d’aisance, ils ne sont que les symptômes d’une société en mal d’être qui a besoin d’un traitement de fond. Celui-ci ne pourra être élaboré qu’à l’issue d’un large et franc débat entre tous les représentants de la société et en y mettant au centre que le seul intérêt du pays. Il faudrait donc oublier, pour un temps, les enjeux de pouvoirs qui dominent notre société et être animé que par la seule volonté de construire un avenir pour nos enfants. On ne peut faire l’économie de ce consensus  si l’on veut réellement trouver une solution à ces crises larvées qui cachent en réalité un malaise institutionnel, voire existentiel. Si le statut départemental  répondait aux préoccupations du début du siècle dernier, il y a bien longtemps qu’il a montré ses limites dans des territoires dont les pouvoirs de décision sont certes artificiellement  proches mais restent naturellement et culturellement éloignés. De plus la société n’a pas cessé d’évoluer depuis 1946 et aujourd’hui nous vivons  dans un monde en pleine mutation et dans lequel les équilibres séculaires s’effondrent les uns après les autres. Pour survivre il faudra s’adapter en privilégiant des bases locales plutôt que nationales. La république nous offre quelques outils ? Article 73 ou article 74 ? Le premier modifie la posologie sans changer le traitement tandis que le second établit une nouvelle ordonnance et force le malade à devenir acteur de sa santé.

La société guadeloupéenne est multiethnique et multiculturelle. Elle baigne en outre  dans une atmosphère où persiste encore un relent de colonialisme qui imprègne les esprits et affecte les comportements. Une population existe certes, mais un peuple est à construire en marge des oripeaux et des paillettes.

Si la Guadeloupe « sé tan nou », la Guadeloupe de demain « sé ké ta ti moun an nou » et nous avons la responsabilité de construire un pays qui leur garantit durablement le gîte et le couvert avant les fioritures. Comprenez donc, que si le présent s’impose à nous, demain sera encore plus important. C’est donc lui qui doit d’abord inspirer nos comportements et orienter nos choix dans un monde où l’on assiste à l’émergence d’un nouvel ordre économique.

LE DIAGNOSTIC

E Marine 2

La trilogie qui est présentée ici traverse la société guadeloupéenne des années 1960 aux années 2030. Elle jalonne la vie d’un personnage, Taali, et entraîne le lecteur dans un voyage spatio-temporel qui l’emmène de  Kòlbo à Kòlbo, petite communauté rurale en Guadeloupe. On voit évoluer les mentalités tandis que l’enfant puis l’homme prend conscience peu à peu de la complexité de la vie et de la fragilité de son pays.

L’œuvre comprend trois romans: « D’une vie à l’autre », « La vie en face » et  «  La vie au fil des temps ».

@

D’une vie à l’autre

(Paru aux Editions Nestor en 2012 est une réédition de Face à la mort)

La communauté de Kòlbo dans laquelle Taali naît et grandit paisiblement est de temps à autre le siège d’évènements mystérieux qui ne manquent pas d’interroger la curiosité de l’enfant. Mais c’est surtout la mort de sa grand-mère qui va, comme une lame de fond, soulever une vaste interrogation mystico-religieuse et identitaire. Celle-ci entraine un premier bouleversement des croyances du jeune garçon, avant que le destin ne l’emmène à percer de nouvelles niches culturelles. Avec son ami Pa Jo l’haïtien, adolescent,  il découvre les traditions africaines mais aussi l’esclavage des peuples dont il est issu. Un peu plus tard Julie, son premier amour, lui fait faire une incursion dans la pensée orientale à travers le bouddhisme. Ces deux rencontres vont le bouleverser et provoquer l’effondrement de ses certitudes. Dès lors une double quête s’impose à lui.

@

La vie en face

(Paru aux Editions Ibis Rouge en 2009)

Ce deuxième roman a pour toile de fond les menacent qui pèsent sur nos plus jeunes dans un environnement étiré démesurément par la dimension virtuelle. Dans le même temps Taali après 30 ans d’errance existentielle regagne la Guadeloupe où  il trouve asile chez Yaya, une ancienne connaissance de sa grand-mère. Le drame qui frappe Maud, la petite fille de cette dernière, celui de toute une jeunesse et le mode de vie des habitants du quartier lui font très vite prendre conscience qu’en marge de la vitrine dans laquelle s’affiche ostensiblement l’image d’une société prospère, se joue une réalité bien différente. Il lutte pour rétablir le lien intergénérationnel et s’acharne à faire de Kòlbo une communauté multiethnique.  Il cherche à faire partager ses inquiétudes sur le devenir d’un territoire qui dépend entièrement de l’extérieur pour sa survie.

@

La vie au fil des temps

(Paru aux Editions Nestor en 2012)

Avec ce roman d’anticipation l’auteur boucle sa trilogie. En partant de nos réalités économiques, sociales et environnementales, il imagine un scénario d’avenir pour la Guadeloupe dans les années 2030. C’est une période troublée où la France, elle-même, confrontée à des crises multiples et sans précédent, délaisse ses filles d’outre-mer, au moment où celles-ci font face à des évènements naturels d’ampleur. A quatre-vingt ans passés, après un mystérieux et édifiant voyage dans le futur à des centaines d’années de son époque, Taali va reprendre son bâton de pèlerin pour guider la communauté de Kôlbo à travers les débris d’un monde qui s’effondre. Il s’agit d’un pèlerinage sur la voie de son propre destin. Dans le même temps le patriarche arrive au bout de sa quête.

 

LA VOIE DE LA GUERISON

coucherdesoleil1.jpeg

Je viens d’une communauté rurale de la Côte Sous le Vent où la tradition a su attacher les hommes à l’histoire et à la géographie de leur pays. C’est la raison pour laquelle, en dépit de mon parcours, j’ai su rester attentif au pouls de la Guadeloupe, cette terre qui m’a vu naître et que j ’aime comme une véritable mère nourricière. Depuis longtemps déjà je m’inquiète pour sa santé, dans sa marche forcée à l’occidental. Mais les poussées de tension qui l’affectent aujourd’hui, me font craindre le pire pour ce papillon qui a trop longtemps caché ses blessures.  L’île d’émeraude qui avec sa beauté naturelle ne manque pas d’atouts, souffre aujourd’hui de multiples maux : l’empoisonnement de ses terres, la pollution de ses eaux et de son air, le malaise de sa jeunesse, son isolement dans la Caraïbe, la fréquence des conflits sociaux et, pardessus tout, l’absence de maîtrise de son destin. C’est dire qu’elle a plus que jamais besoin de tous ses enfants pour la sortir de cette mauvaise passe. Le temps presse et il faut compter avec la menace écologique planétaire, la crise économique mondiale, et l’inévitable séparation avec la mère patrie qui en dépit des volontés artificielles entre dans l’ordre naturel des choses. Ceux qui l’aiment vraiment doivent faire passer sa survie avant tout autre intérêt personnel ou communautaire, aussi légitime qu’il puisse paraître. Comprenons tous que notre pseudo niveau économique et social est purement artificiel et que dès maintenant il nous faut avoir le courage de regarder la réalité en face, celle de la Caraïbe, et apprendre à modérer notre mode de vie à l’occidental, basé sur une consommation effrénée.

 

@

Qui est Timoun Kὸlbo ?

Publié dans : ||le 1 février, 2015 |Pas de Commentaires »

Laisser un commentaire

PLAISIR DE LIRE , DESIR D'E... |
Histoires, contes, nouvelles |
DEMBELE MOUSSA |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | amazonelibre
| Poèmes, citations, toutes m...
| Poèmes, muse