4.3 Le Graal d’amour

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1 - Etoile errante

Astre en perdition,

Depuis des années-lumière,

Solitaire,

Je vague.

Dans un univers,

Sombre et glacial.

Sans itinéraire,

Sans destination,

J’erre,

Avec pour cible,

Nulle part.

Dans mon absurde circonvolution,

Je prie le ciel

Pour qu’un trou noir,

Au passage,

M’engloutisse,

Sans le moindre éclat,

Sans le moindre bruissement,

Puis m’expédie

Dans le néant.

Où la boucle

Se fermerait enfin.

Où ne ferait plus qu’un,

Mon alpha et mon oméga.

Où mon apocalypse

Submergerait

Jusqu’à ma genèse.

Alors,

Le reste de mon corps

Rejoindrait mon nombril

Enseveli,

Depuis des lustres,

Au pied de mon arbre astral.

Un féérique scintillement,

Un divin murmure,

Une mystique chaleur,

Une céleste attraction,

De mon tombeau galactique

Je m’éveille.

Mais qu’est-ce ???

Un champ de gravité,

Venant de quelque beauté céleste.

Quelle séduisante étoile !

Exploitant … sa grâce aérienne,

Elle m’attire…

M’envoûte…

Irrésistiblement

Je me place en orbite autour d’elle.

Mais curieusement

Ni elliptique,

Ni circulaire,

Ma trajectoire semble tourmentée par…

Je ne sais quel phénomène.

Un orage cosmique !!!

Mais d’où vient-il ?

Mon dieu !

Dans ce système stellaire,

Discret,

Un cœur satellisé gravite déjà.

Intrus et instable,

Donc je suis.

Attraction…

Répulsion…

Il faut que je m’éclipse.

Répulsion…

Attraction…

Equilibre trompeur.

Silence absolu,

Douleur muette.

Cloué,

Crucifié,

Sur ma croix

Je meurs d’amour.

Un amour impossible,

Un amour solitaire.

Amour ! Amour !

Toile d’araignée invisible,

Tendue aux quatre coins de l’univers,

Dans tes magnétiques filets,

On fini un jour par s’y coller.

Pour le meilleur ou… pour le pire.

Naine blanche,

Immobile et silencieux,

Je guette le temps.

Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac …

Ainsi résonnent dans ma vie

Des gouttes d’éternité

Sans doute arrachés à l’au-delà.

Patient, j’attends.

Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac …

Il viendra sûrement le moment

Qui, sans hâte

Me libérera de ma glue,

Et par des raccourcis universels

M’emportera

Jusqu’au cimetière des étoiles,

Où là,

Telle  une momie,

Dans l’éternel sommeil

Je plongerai.

Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac …

 

2 - Géhenne galactique

Succédant

A la mousseline blanche,

Teintée de rosée,

Du  jour finissant,

La nuit tombe

En déployant ses langes noirs

Et absorbe mon âme.

Désormais,

A travers les jours et les nuits

S’enfile le temps

Qui de sa pelote d’éternité

Défile indéfiniment,

Traversant ma vie, de part en part.

Mon obsession,

Présence encombrante le jour,

S’alourdit la nuit venue,

Des pensées noctambules

Qui hantent mon sommeil,

Et l’agitent par rafales.

Tantôt une couronne de roses rouges

Inhume un rêve.

Tantôt un bouquet d’anémones

Ressuscite un cauchemar.

Au matin

Tel un mort-vivant,

J’émerge de ma tombe.

Corps dépouillé d’une âme

Asservie en enfer,

Où enchaînée par les mots,

Elle survit en les esquivant.

Mon esprit,

Eclairé par le soleil levant,

Tente de dégager,

De cet univers d’ombre,

Quelque pensée vierge.

Mais, sorcière matutinale,

S’envolant avant l’aube,

Dans mon inspiration

Elle se glisse,

Et ferme la boucle infernale.

Mes prières et mes hymnes,

Destinées au paradis,

S’égarent dans le cosmos

Et heurtent la vie

Dans sa mystérieuse course universelle.

Troublée,

Par un raccourci quantique

Elle jette un œil cosmique

Sur ma douloureuse existence.

Me harponnant de  son regard symbolique,

Dans mon âme

Elle glisse quelque secret message

Et une chaleur inconnue m’envahit.

Une poignée de lunes plus tard

Mes immortels invoqués,

Se réunissent en conclave.

Lorsque,

De mon panthéon sacré,

La fumée s’échappe,

Vénus, à mon insu

Est élue,

Ma guide astrale.

.

3 – Fantasme

Je fuis l’obscur domaine

Pour courir quelque Eden.

Sans souci de m’égarer

Par monts et par vaux, j’allai,

Quand un courant d’amour

M’emporta jusqu’à la tour.

Vénus, hissée au pinacle

Se tenait face à l’oracle,

L’humble gardien des ans,

Prêt à graver dans le temps,

La communion inédite,

Mais déclarée interdite.

Ni édifice sacré,

Ni caverne consacré,

Mais la montagne sans peine,

Disposa un coin d’Eden.

Sous la coupole des cieux

La cérémonie eut lieu.

Emblèmes de circonstance,

Deux singulières alliances,

Tissées en fibres d’amour

Scellèrent en l’unique jour,

L’occulte engagement,

L’insolite sacrement.

Du ciel plein de compassion,

Il plut des bénédictions.

La faune, opportune chorale,

Entonna la marche nuptiale.

Les corps longtemps affamés

Purent enfin festoyer.

Douce offrande du destin,

Ou gag d’un farceur lutin.

Crevant l’ombre, le soleil,

Irradia jusqu’au sommeil

Et vaporisa mon rêve.

Je m’étire et je me lève.

.

4 – Ma Vénus

Comme inspiré par le destin

De nuit, je me frayai un chemin,

Voie stellaire qui menait au Graal

Que coursait mon âme à cheval.

Un présage, l’ultime étape,

Traça la route et fixa le cap.

La vie s’ouvrant à ma quête,

Pointa  vénus, déesse planète.

Au faîte de ma destinée,

S’incrustait, l’astre enchâssé,

Céleste source du bonheur

Où se désaltéra mon cœur.

Touché, quelque magnanime dieu,

M’entrouvrit la porte des cieux.

L’obscurité se dissipa.

Un jour nouveau se leva.

Alors dans un silence astral

Parut le céleste signal,

Minuscule bille d’ébène

Sur l’étoile souveraine.

Le regard accroché au ciel

Je me nourris l’âme d’un miel

Qui en s’égouttant sur mon cœur

Mua en éternité, l’heure.

Feutrée, tomba l’ultime nuit,

Eclipsant ma seconde vie.

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Publié dans : ||le 6 mars, 2017 |Pas de Commentaires »

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