RENCONTRES LITTÉRAIRES

ChhMB

Charles-Henri MARICEL-BALTUS s’arrête dans les bibliothèques ou rencontre des associations afin de présenter son oeuvre littéraire qui mérite à être connue. Cette dernière s’articule autour de sa trilogie romanesque qui raconte la vie d’un personnage. Une histoire qui s’étale des années 1960 à la décennie 2030. A travers ce récit l’auteur jette un regard sur l’évolution de la société guadeloupéenne et aborde également la délicate question des origines et du devenir. .

La rencontre commence par un rapide survol de la vie de l’auteur. Il parle de son enfance à Pointe-noire en Guadeloupe marquée par les couchers du soleil et la dévotion de sa grand-mère. Ses études ensuite l’emmènent à Paris où un accès plus facile au savoir lui permet d’enrichir ses connaissances mais alourdit son questionnement sur les origines avec la découverte de la théorie de l’évolution. Son diplôme en poche c’est la tête pleine mais le cœur assailli par un doute existentiel qu’il retourne en Guadeloupe. Dès son retour, il entreprend de visiter la Caraïbe. C’est Haïti qui va retenir son attention où pour reprendre son expression « Une injustice insupportable s’exprimait au grand jour sur une tissu social chrétien imprégné d’arts premiers ». Il entraîne ensuite le public sur les pistes historiques de la Bible et raconte ses visites à  Éphèse, Patmos, Bethléem, Jérusalem… et d’autres lieux familiers aux chrétiens.  Il explique qu’en définitive, philosophiquement il est plus proche du Vitalisme que du Finalisme ou du Mécanisme d’où son Vitalisme intuitif. Il termine son odyssée par la Russie et parle de sa mystérieuse découverte des œuvres de Léon Tolstoï. La pensée et la vie de ce dernier  viendront renforcer son vitalisme..

Il présente ensuite son oeuvre et commence naturellement par le début de sa carrière d’écrivain. Il écrit des poèmes en vrac et tente ainsi d’exprimer ses interrogations sur le sens de la vie. Ses textes donneront naissance à un premier ouvrage « Le paradis terrestre » paru en 1992 et dans lequel il célèbre la vie en louant la richesse naturelle de son île mais pointe de sa plume les horreurs de l’humanité. Ce livre porte encore les empreintes de ses premières croyances.

Il déroule ensuite sa trilogie qu’il considère comme la colonne vertébrale de son oeuvre. Il dit être plus à l’aise avec la prose et de l’avis de ses lecteurs, ses textes sont agréables à lire

- Son premier roman  parait en 2004 sous le titre de « Face à la mort » mais est réédité quelques années plus tard et change de titre pour devenir « D’une vie à l’autre ». Ce livre met en évidence les toutes premières questions d’un petit garçon Ali (Taali) qui dans les années 1960 a grandi à Kólbo avec sa grand-mère Man Dou, fervente catholique. Il a vu la vierge de « Ti banbou » chasser mystérieusement la diablesse qui créait des troubles dans son quartier et croit logiquement que la Madone peut tout pour ses enfants. Mais en dépit de ses prières la maladie tue sa grand-mère et les premiers doutes pénètrent son cœur. Devenu orphelin, il est recueilli par son oncle, riche propriétaire bananier établi dans le sud de l’île et sur l’échelle sociale il passe d’une extrémité à l’autre.  Mais mal à l’aise dans ce nouvel environnement, il se rapproche des ouvriers agricoles et se lie d’amitié avec « Pa JO », un haïtien. Celui-ci lui parle de l’esclavage et du vaudou, une religion importée d’Afrique. Quelque temps plus tard, son baccalauréat en poche, il quitte la Guadeloupe pour la région Parisienne  afin d’y poursuivre ses études. Il fait la rencontre de Julie, une jeune fille d’origine européenne avec la quelle il va vivre sa première expérience amoureuse. Julie lui fera découvrir la pensée orientale à travers le bouddhisme mais un drame met fin à leur relation et provoque cette fois l’effondrement de ses certitudes.

- De la critique de ce premier roman, l’auteur comprend qu’avec l’enfance puis l’adolescence quelque peu ésotérique de  Taali il a soulevé de nombreuses questions sans pour cela apporter de réponse. Il décide de poursuivre sa fiction dans un nouveau roman « La vie en face » qui parait en 2009. L’histoire qui se passe à notre époque est presque banale. Elle commence avec une adolescente, Maud, une jeune fille de bonne famille qui croise sur un réseau social un individu mal intentionné. Quelques temps plus tard elle fugue et se retrouve  piégée dans un réseau de prostitution. Ses parents se déchirent puis se séparent. C’est donc seule que Marie, sa mère, va remuer ciel et terre pour retrouver sa fille. Pendant ce temps Taali parcourt le monde pour tenter de répondre à ses questions existentielles. C’est ainsi qu’on le retrouve en Terre Sainte avec un ami prêtre et où leurs nombreux échanges ayant pour toile de fond l’histoire sainte ne peuvent laisser indifférent le lecteur. La cinquantaine passée, c’est un homme riche d’expérience qui revient pour la première fois en  Guadeloupe. Il est accueilli par Man Ya, la grand mère de Maud et est mis au courant du drame qui a frappé la famille. Cette affaire et les jeunes désœuvrés qu’il voit déambuler dans le quartier sous le regard inquiet des autres habitants craignant pour leurs grosses voitures et leurs villas cossues lui ouvrent les yeux sur l’état de la société. Il prend petit à petit conscience que son pays est comme une vitrine bien achalandée mais dont l’arrière-boutique est peu reluisante. Il emménage avec Marie, la mère de Maud et se décide d’agir pour changer Kòlbo. Il est freiné par l’immobilisme des institutions qui ne semblent bouger qu’avec l’influence des politiciens, mais il ne renonce pas.

- En 2012 il va plus loin et publie « La vie au fil des temps ». Il s’agit cette fois d’un roman d’anticipation, dans lequel l’histoire se déroule dans les années 2030. Le monde est bouleversé et la Guadeloupe qui doit faire face à de nombreux problèmes environnementaux connait une situation économique et sociale des plus graves. De plus, le monde occidental est en crise et les puissances européennes, jadis prospères sont en pleine déliquescence. La Guadeloupe attend un nouvel ouragan annoncé comme dévastateur et Taali de plus en plus inquiet pour le devenir de son île s’éloigne pour méditer. Il s’installe au pied d’un gigantesque gommier blanc et est mystérieusement transporté en rêve plusieurs siècles plus loin. Il se retrouve à l’antre de Kòlbo où les habitants sont forcés de vivre sous terre pour survivre. En tant qu’homme du passé il est jugé par ces hommes du futur qui l’accusent d’être responsable de ce qui leur arrive. Il revient de ce rêve complètement bouleversé et comprend qu’il doit reprendre son bâton de pèlerin. Pendant ce temps  la Guadeloupe abandonnée à son propre sort, est forcée de se prendre en main. Après le passage du cyclone Taali tente une expérience sociale à Kòlbo qui permet de limiter les dégâts et de sauver la communauté en ces temps difficiles. Cet exemple relayé par le nouveau maire de la commune, Signal Vayan fait des émules. La Guadeloupe, toute entière s’en empare et on débouche sur une collectivité solidaire et écologique qui semble ouvrir une voie nouvelle, celle d’un pays souverain. Taali lui est arrivé au bout de sa quête et nous confesse sa vérité : Ni dieux, ni hommes. la Vie nous sommes.

Charles-Henri MARICEL-BALTUS termine son intervention en survolant ses œuvres dramatiques, telles que Potomitan, Tèt kolé, Délyóm, Changement d’air et les téat kólbo.

Le troisième temps de la rencontre est celui de l’échange avec l’auteur.

- A sainte-Anne comme à Trois-Rivière le public ne s’est pas déplacé en masse,  mais les personnes présentes n’ont pas caché leur enthousiasme et n’ont point été avares de questions.

Lors de la première rencontre le public s’intéressa davantage à l’écrivain: Pourquoi avoir conçu une telle oeuvre et combien de temps a-t’il fallu pour l’écrire. N’avez-vous jamais été tenté de visiter l’Afrique ?

Dans la seconde il a plutôt mis l’accent sur l’oeuvre et a souligné la qualité de l’écriture: Dans son parcours initiatique Taali a-t’il trouvé sa voie ? Pourquoi Haïti est si présente dans votre oeuvre ?

S.A3R

Publié dans : 2 Evenementiel |le 23 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

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