Timoun Kὸlbo

Kòlbo est un petit hameau situé en Côte sous le Vent, un microcosme de la Guadeloupe que Charles-Henri MARICEL-BALTUS dans sa trilogie romanesque va utiliser comme le laboratoire du peuple guadeloupéen à inventer. Des années 1960 aux années 2030 avec une escale à notre époque, Kòlbo passera d’une communauté enfermée dans ses certitudes à une société hétérogène ouverte à tous les vents et rêvant de lendemains qui chantent, Taali le héros imaginaire de cette œuvre, en magicien avisé proposera une synthèse sociétale en faisant de la nature et de la culture, les ingrédients majeurs de cette alchimie qui espère changer un royaume enchanté en un pays vrai.

Kòlbo de nos jours, dissout dans le vaste monde, voit ses enfants troquer leurs livres de lecture pour des tablettes de jeux à l’origine d’une prolifération de mirages virtuels. Dans cette désertification rampante ce blog est en quelque sorte un oasis littéraire où chacun peut venir respirer un air de poésie et étancher sa soif de lecture. Outre la présentation de son auteur, il dévoile  son œuvre et donne accès à une partie de ses créations.

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Les liens rangés dans la colonne ci-contre vous permettent de naviguer à votre rythme. Bonne ballade

Logo

Mais Charles-Henri MARICEL-BALTUS, attaché à la nature et à la tradition, va plus loin en proposant d’échapper au monde virtuel pour une escapade dans le monde réel. Cette excursion spatio-temporelle  s’organise par le biais de son association.

Timoun Kòlbo est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901. Il a pour objet  de contribuer à la promotion de l’écriture et de la lecture en organisant :

-          Des concours de productions littéraires (poésie, écriture théâtrale, nouvelles…) à destination des enfants et en partenariat avec d’autres organismes ou associations du domaine

-          Des rencontres littéraires en partenariat avec les bibliothèques

-          Des prestations  de lectures théâtrales dans le cadre du PEDT

 lecture

La lecture est une aide précieuse pour apprendre à s’exprimer et à penser. Elle est un éveil de l’âme et du cœur, une jouissance de la pensée et des sentiments. C’est une ouverture sur un monde enchanté. Elle nous ouvre toutes les portes de la création et nous invite à mieux comprendre et maîtriser le monde au lieu de le fuir. Elle permet de s’approprier l’histoire, contrairement à un film où l’on assiste à la vision du réalisateur. Les élèves doivent savoir lire pour réussir leur scolarité. C’est la première des priorités car cela conditionne l’accès à tous les domaines du savoir dont le champ s’élargit sensiblement au collège.

(Blog Les Etudiants) 

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THÉÂTRE DE LECTURE (d’après Alliage Editions)

Qu’est-ce que le théâtre de lecture ?

Le théâtre de lecture est avant tout un jeu. L’enfant lit pour jouer un rôle, pour raconter une histoire à d’autres enfants.

Développer les habiletés

Les élèves qui pratiquent le théâtre de lecture deviennent naturellement de meilleurs lecteurs. Les recherches sur le cerveau et l’apprentissage démontrent que plus un élève est actif dans sa démarche d’apprentissage, mieux il apprend. Interpréter un rôle exige l’implication totale de l’élève qui se glisse dans la peau du personnage et lui donne vie en lisant le texte. D’où les bons résultats observés par la pratique de l’activité. Même ceux qui n’aiment pas la lecture manifestent spontanément leur enthousiasme et prennent part à l’activité avec conviction.

Améliorer la fluidité

Le contexte oblige aussi le lecteur à développer des habiletés qui améliorent sa fluidité et sa compréhension. Contrairement à la lecture individuelle, le théâtre de lecture évolue dans un contexte social. L’élève prépare son texte pour le lire à d’autres élèves. Aussi l’élève s’efforce d’être à la hauteur du rôle qu’il doit dire et de bien se faire comprendre de ses auditeurs.

Une activité rentable

En raison du niveau élevé de motivation que suscite le théâtre de lecture, le temps qu’on y consacre rapporte énormément sur le plan des connaissances acquises. Trente minutes consacrées au théâtre de lecture se sont avérées trois fois plus rentables que la même durée consacrée à une activité traditionnelle.

 écriture

L’acquisition de l’écriture par l’enfant est une étape essentielle de sa vie scolaire. Elle couvre une période correspondant à la fin de la scolarité pré-élémentaire et au début de la scolarité élémentaire. Elle est le support de la plupart des apprentissages scolaires. Elle demeure par la suite un moyen privilégié d’expression et de communication.

1. Les fonctions de l’écriture (Liliane Lurçat Psychologie scolaire)

L’écriture remplit un certain nombre de fonctions qui se situent à différents niveaux de l’activité, du plus subjectif au plus objectif.

Elle est, fondamentalement, une activité individuelle, au même titre que le langage, elle constitue pour celui qui la possède un certain rapport au monde et à soi-même (1).

C’est parce qu’elle est une activité individuelle qu’elle devient un moyen d’expression. Quand l’écriture est suffisamment automatisée, on peut la reconnaître comme on reconnaît la voix ou le visage d’une personne. L’expression dans l’écriture fonde les études graphologique      L’acquisition de l’écriture constitue également une acculturation. L’écriture présente des caractéristiques nationales signalées par les historiens de l’écriture (2). Les tracés individuels révèlent les traits personnels de celui qui écrit ainsi que des particularités culturelles.

L’écriture est un moyen d’élaboration du sens. Parler et écrire constituent deux modes d’élaboration différents et complémentaires. En fixant la pensée, l’écrit oblige à formuler et à préciser ce qui ne peut être que suggéré dans l’oral. Dès lors, l’habitude, d’écrire fortifie et entraîne l’exercice de la pensée conceptuelle. L’évolution du langage écrit dépend de l’évolution de la pensée. La syntaxe de l’écrit est plus souple, plus profonde, plus complexe que celle de l’oral.

L’écriture est un moyen de communiquer. C’est sa fonction la plus évidente et la plus banale.

 

Publié dans : 1 TIMOUN KῸLBO | le 1 février, 2015 |Pas de Commentaires »

Médiathèque de Vx-Habitants

affiche

Le vendredi 12 juin 2015 Charles-Henri MARICEL-BALTUS a présenté « La vie en face », le deuxième roman de sa trilogie romanesque sur l’évolution de la société guadeloupéenne.

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La petite salle de la médiathèque de Vieux-Habitants, organisatrice de la manifestation, n’a pas fait foule mais a accueilli un public généreux et sympathique.

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Le débat était conduit par Frantz GERAN qui avait à l’évidence fait un intéressant travail de recherche sur l’auteur. Le décor fut planté par une courte biographie de l’intéressé et un survol de son œuvre. Le public a pu ainsi suivre Charles-Henri MARICEL-BALTUS dans sa quête de sens  à travers les cultures de l’humanité.

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Le roman fut ensuite ouvert et présenté en trois parties conformément à l’organisation de l’ouvrage. Un bref résumé et des lectures d’extraits suivis d’un débat souvent animé a permis, en à peu près 2h, de traverser du début à la fin un récit d’actualité et parfois philosophique.

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-          La tragédie de Maud a soulevé de nombreuses questions sur les dangers d’internet pour un public non averti sans pour autant remettre en question l’utilité d’un tel outil à notre époque.

-          Le voyage de Talli en Terre Sainte et son questionnement sur le sens de la vie ne pouvait en période de doute, laisser l’auditoire indifférent.

-          L’auteur n’a pas eu de mal à entraîner l’assistance dans ses interrogations sur la société guadeloupéenne et en particulier sur son devenir.

Après une intervention de Mme DANDE représentant la municipalité, Marga LETIN la Directrice de la Médiathèque a clôturé la soirée  en remerciant chaleureusement tous les participants à cette manifestation.

Bibliographie

Nombre de personnes ont voulu aller plus loin en se procurant les ouvrages de l’auteur.

Publié dans : 1-2 Evenementiel | le 10 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Tèt kolé

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L’association La Luciole présente « Tèt kolé » la dernière pièce de Charles-Henri MARICEL-BALTUS mise en scène par Harry BALTUS assisté de Nelly BOROMEE

En à peu près une heure trente, dans une ambiance complètement désopilante cette comédie-dramatique vous entraînera à l’intérieur de la société, là où d’ordinaire on se contente de surfer sur l’info médiatique.

Dans une famille un peu déjantée une adolescente, Marly, tente en vain de se faire entendre des siens. Mais seule la rue fera écho à ses appels. Elle glisse et dérape. D’élève en difficulté elle devient délinquante malgré elle. Sa défunte grand-mère semble désormais la seule  à pouvoir l’arrêter dans sa chute mortelle. Mais y parviendra-t-elle ?

Pour tout savoir je vous invite à découvrir cette pièce, à la fois comique et tragique et qui de ce fait donne du plaisir tout en suscitant la réflexion au sujet de problématiques qui sont au cœur de notre société.

La Luciole vous attend, le vendredi 1er mai à 19h à l’espace Yves Rémy à Pointe-Noire, le vendredi 8 mai au Ciné-Théâtre du Lamentin, le samedi 16 mai à la salle Georges Tarer à Pointe à Pitre, le mardi 19 mai à la salle Robert Loyson au Moule, le vendredi 29 mai à l’Auditorium de Basse-Terre.

Pour satisfaire aux nombreuses demandes exprimées par la population de Pointe-Noire, Tèt Kolé revient à l’espace Yves REMY le mercredi 8 juillet 2015 à 19 heures.

Vous pourrez découvrir ou redécouvrir les comédiens dans leur rôle respectif :

Neddys DESCOTEAUX, Marly une adolescente

Rosiane JEAN-VOLDEMAR, la mère Doun

Hellin ANGOLE, le père Kòk

Girard JEAN-VOLDEMAR, konpè Wowo un ami de Kòk .

Jean-François ANNEROSE, un jeune en difficulté

Yasmine BALON, Flòr une jeune en difficulté

Ali GAMIETTE, Blokoto un ami de Kòk

Roger MARECHAUX, le Principal

Ingrid BOMBO, le professeur

Turenne RAABON, le commissaire

Alex ALIANE, le médecin

Lucienne JEAN, la grand-mère

La troupe

Publié dans : 1-2 Evenementiel | le 29 avril, 2015 |Pas de Commentaires »

Un séjour en enfer

Adaptation de La vie en face

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Ce roman paru aux Editions Ibis Rouge en 2009 raconte les aventures d’une adolescente à la suite d’une mauvaise rencontre sur un réseau social via Internet. Ce récit présente un double intérêt, d’abord  sensibiliser les jeunes enfants contre les dangers des nouvelles technologies et dans le même temps valoriser le rôle de la famille et de l’éducation.

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Chapitre 1 (17/02/2015)

Ce soir là, Marie avait quitté son travail à dix-sept heures et s’était dépêchée de rentrer pour ne pas rater « Richesse et passion », le feuilleton à la mode. Elle n’avait même pas eu le temps de vérifier si Maud était rentrée du lycée car elle s’était immédiatement installée devant son téléviseur. Trois-quarts d’heure plus tard le générique de fin du feuilleton sonna le retour à la réalité pour Marie mais elle avait du mal à quitter son univers parallèle.

Marie : Garce ! Quand à ce Jason, un beau salaud. Bon je ferais mieux d’aller retrouver  ma fille. Maud… Maud !

            Comme celle-ci ne répondait pas, elle se dirigea vers sa chambre. La jeune fille s’y trouvait en effet, en train de « chatter » sur son ordinateur. Sa mère s’avança vers elle, l’embrassa et lui demanda

Marie : Avec qui tu communiques là ?

Maud : La porte, maman ! Tu as laissé la porte ouverte.

            Après avoir refermé la porte, Marie sur un ton un peu plus ferme observa.

Marie : Tu n’as pas répondu à ma question.

Maud : Des amis, maman !

Marie : Des amis ! Quels amis ?

Maud : Tu n’as pas confiance en moi. A quoi penses-tu ?

Marie : Avec tout ce que l’on raconte sur INTERNET, c’est normal que je ne sois pas tout à fait tranquille.

Maud : Tu te fais du souci pour rien maman. Les gens ont toujours quelque chose à raconter sur les jeunes.

Marie : Bon, Bon ! D’accord

            Marie essaya, sans succès, d’établir la conversation tandis que Maud continuait à pianoter tout en cherchant à cacher ses messages. Sa mère à la fin agacée, finit par quitter la pièce laissant sa fille seule avec son e-bande.

         Roger rentrait généralement tard. Ce soir là il arriva vers vingt et une heures, son ordinateur portable dans une main et le téléphone dans l’autre. Il terminait une conversation.

Roger : Bon, je te laisse. On en reparle demain.

            Il se dirigea vers le salon où sa femme regardait la télévision. Il l’embrassa avant de s’installer, à son tour, dans un fauteuil.

 Roger : Très bonne journée ! J’ai conclu deux affaires aujourd’hui. Maud travaille dans sa chambre ?

Marie : Je crois.

Roger : Comment ça, tu crois ?

Marie : Que veux-tu que je te dise. Tu vois bien qu’elle n’est pas là. Elle peut être n’importe où.

Roger : Je ne te suis plus là.

Marie : Avec INTERNET, on n’a pas besoin de quitter sa chambre pour s’échapper.

Roger : Ah j’aime mieux ça. Tu commençais à m’inquiéter. En tout cas je préfère la savoir physiquement dans sa chambre.

Marie : Toi, tout te va, pourvu que ça t’arrange.

Roger : Tu aimes trop dramatiser. Elle n’est pas mieux devant son ordinateur que dehors avec… on ne sait qui ?

Marie : Qu’est-ce que tu sais sur ses sorties et ses fréquentations, puisque tu la vois si peu ?

Roger : Si tu veux faire une histoire ce soir, dis le moi pour …

Marie : Pour que tu retournes d’où tu viens. Au moins toi, tu ne mens pas à la mère de tes enfants, toi !

Roger : Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je ferais mieux d’aller prendre une bonne douche.

            Marie, trente sept ans, et Roger la quarantaine, vivaient en union libre depuis quinze ans, l’âge de Maud, leur unique enfant. Ils louaient une villa dans le quartier de la Jaille à Baie-Mahault. Une jolie petite maison avec un beau jardin tout autour.  Roger était directeur commercial dans la société  immobilière qu’il avait montée avec sa famille tandis que sa compagne était employée comme conseillère clientèle dans une banque. Dans une Guadeloupe traversée par de nombreuses crises, le foyer avançait tout en réussissant à éviter les écueils auxquels il était exposé, comme tant d’autres. En réalité la vraie menace venait de l’intérieur car  Roger négligeait son foyer au profit de son affaire.  Pendant ce temps, Maud, en pleine crise d’adolescence, compliquait un peu plus la situation en surfant sur les petits désaccords de ses parents, quant à son éducation. La mère s’inquiétait des changements qu’elle observait chez sa fille, tandis que son compagnon lui reprochait de vouloir tout dramatiser. Finalement le soir, avec l’un encore au bureau et l’autre toujours fourrée dans sa chambre  elle se retrouvait souvent seule avec la télévision, son plus simple moyen d’évasion.

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            Ce matin-là, leur BMW s’enfonçait à une allure modérée dans cette belle forêt  des « Mamelles ». La route qui la traversait et qui justement s’appelait « route de la traversée »,  avait de nombreux avantages. Elle mettait la Côte-sous-le-vent à trois quarts d’heure de Pointe à Pitre alors qu’il en fallait deux fois plus pour contourner le littoral caraïbe par Sainte-Rose. Elle donnait également accès à de nombreuses pistes qui permettaient de visiter les bois qu’elle longeait. Les occupants de la voiture, confortablement installés, profitaient diversement de cette agréable ballade. Roger éprouvait un certain plaisir au volant de son véhicule tout neuf. Marie savourait le paysage qu’elle voyait défiler sous ses yeux. Maud vaquait à ses pensées tout en regrettant qu’on l’ait embarquée, malgré elle, dans cette sortie dont elle se serait bien passée. Soudain ses parents enlevés à leur plaisir secret l’entendirent murmurer.

Maud : Je n’aime pas aller chez grand-mère. Elle a toujours des remarques à me faire,  sur ma façon de m’habiller, sur ma façon de répondre, sur ma façon de m’asseoir  et sur je ne sais quoi encore.

Marie : Je n’aime pas t’entendre parler ainsi de ta grand-mère.

Roger : Mais chérie, détends-toi un peu. Elle n’a rien dit de mal

Marie : Soutiens-la toi et lorsqu’elle tournera mal tu vas me le reprocher à moi.

Roger : Je ne sais pas ce que tu as mais depuis quelque temps je te trouve bizarre.

Marie : Moi bizarre ? Bon restons-en là. On va bientôt arriver chez maman, ce n’est pas le moment de se chamailler.

          Une demi-heure plus tard ils traversaient le bourg de Pointe-Noire et se dirigèrent vers Kòlbo. En voyant la voiture s’arrêter devant chez elle, Yaya se mit debout péniblement et se rapprocha de la balustrade sur laquelle elle prit appui pour mieux porter son regard sur ceux qui descendaient du véhicule. A soixante-dix-sept ans sa vue la trahissait par moments, mais ce jour là elle lui renvoya parfaitement l’image de ses enfants. En claudiquant légèrement elle alla à leur rencontre, sa joie à peine contenue.

Man Ya : Eh bien ! Je ne pensais pas vous voir aujourd’hui. Mais vous auriez dû m’appeler, je vous aurais préparé une bonne chose.

Marie : Te connaissant je ne serais pas étonnée de trouver quelque trésor caché dans ta cuisine.  Je vais me rendre compte par moi-même.

            Tandis que Roger et Maud s’installaient sous la petite véranda, Marie partit inspecter la cuisine. Elle ne tarda pas à tomber sur un blaff qui lui mit l’eau à la bouche.  ls mangèrent tous les trois avec appétit pendant que Yaya leur contait les dernières nouvelles du quartier.

Man Ya : Lundi dernier, il y a eu une descente de police ici. Mon Dieu ! Il fallait voir ça, toute une armée.

Marie : Et qu’est-ce qu’ils cherchaient ?

Man Ya : De la drogue ! Que veux-tu d’autre ? Même les filles en consomment maintenant

          Maud sentit le regard de sa grand-mère peser sur elle, la mettant mal à l’aise. Elle avait hâte qu’elle laisse tomber sa remarque pour la libérer de cette impression gênante qui l’enrageait au point de détester cette visite. Mais Yaya ne fit aucune autre remarque et Roger dut relancer la conversation.

Roger : Et qu’ont-ils trouvé ?

Man Ya : De l’herbe, mais aussi des armes et des objets volés. Mon Dieu ! Un petit coin où l’on vivait si bien ! Maintenant, on vit dans l’inquiétude. Mes enfants, je vous le dis sincèrement, il est temps que j’aille reposer mes vieux os.

Roger : Qu’est-ce que tu racontes, man Ya ?

Man Ya : Mon cher Roger. J’ai eu sept enfants que j’ai élevés toute seule à une période où la vie était très dure. Dieu en a rappelé quatre à lui. Avec les trois autres, nous n’avons pas toujours mangé à notre faim mais aucun ne m’a fait honte… Je ne comprends rien à ce monde… Et puis de toute façon, les vieux dans cette société n’ont plus leur place.

Marie : Maman ! Tu dis n’importe quoi.

Man Ya : Je sais ce que je dis. En tout cas vous avez intérêt à faire très attention avec mademoiselle Maud. Je vous trouve vraiment trop mou avec elle. Vous la laissez vous répondre n’importe comment et un de ces jours vous ne serez même plus en mesure de la reprendre.

Maud : Enfin nous y voilà ! (en murmurant pour ne pas être entendue). Elle a mis du temps mais elle a fini par y arriver. Je ne comprends pas pourquoi elle me déteste ainsi. Qu’est-ce qu’elle aurait voulu ? Que je vive comme elle, que je parle comme elle ou que je boite comme elle ?

Marie : Maman Maud est ma fille. Laisse-moi m’occuper de son éducation s’il te plait !

Maud  sursauta lorsqu’elle entendit sa mère prononcer son nom.

        Ils passèrent l’après midi avec Man Ya et reçurent la visite du grand frère de Yaya, Chocho, bon pied bon oeil, en dépit de son grand âge. On parla beaucoup de l’affaire qui alimentait toutes les conversations à Kòlbo et on insista sur l’arrestation des « petits délinquants » de Madame untelle et de la fille de l’enseignant M Tintin.  On parla beaucoup de la déchéance de la jeunesse. Des propos qui ne firent qu’agacer Maud qui se voyait perdre son temps à écouter des balivernes plutôt que de surfer sur son ordinateur.

            Aussi, quand vers la fin de l’après-midi ses parents annoncèrent, enfin, qu’il était l’heure de rentrer, ce fût un véritable soulagement pour elle. Il était dix-huit heures lorsqu’ils  prirent congé de Man Ya. Pendant tout le trajet du retour, Maud qui ne souhaitait être mêlée à aucune conversation ferma les yeux et trouva refuge dans un état qui laissait à penser qu’elle dormait mais ne la mettait pas à l’abri  des propos échangés par ses parents.

Marie : Tu devrais passer un peu plus de temps avec ta fille. C’est une adolescente maintenant et elle a, plus que jamais, besoin d’être accompagnée. J’ai de plus en plus de difficultés à communiquer avec elle et cela m’inquiète avec tout ce qui se passe dans ce  monde dangereux.

Roger : C’est certainement l’affaire de Kòlbo qui te perturbe, mais il ne faut pas te prendre la tête avec ça.

Marie : C’est tout ce que tu trouves à me répondre ?

Roger : Toi même, tu dis que Maud est une adolescente maintenant. Tu ne veux quand même pas qu’elle soit à tes pieds comme lorsqu’elle avait quatre ans.

Marie : Je me demande si tous les pères sont aussi blasés que toi.

Roger : Je ne suis pas blasé mais je refuse de me torturer l’esprit pour rien. Qu’as-tu à reprocher à Maud jusqu’à maintenant ?

             Ne voyant pas d’issue à leur conversation et pour éviter de réveiller l’intéressée, la jeune femme préféra jeter l’éponge. Après s’être enfoncée dans son siège, elle tourna la tête vers l’extérieur et regarda la forêt se dissoudre dans l’obscurité que la nuit avait commencée à répandre dans le bassin caribéen.

Chapitre 2 (../../….)

 

Publié dans : 1-1 Lecture theatrale | le 3 février, 2015 |Pas de Commentaires »

Inspiration

Tel une brise  

L’inspiration souffle.

Elle sème les graines

Par ci par là,

Et  comme des arbres

Les textes s’élèvent.

Ainsi naît mon petit bois

Dans la jungle littéraire.

Publié dans : 2 CREATIONS PLURIELLES | le 7 août, 2014 |Pas de Commentaires »

La Luciole 1964-2014, 50 ans de lumière.

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Au temps où les dieux aménageaient la Terre, tandis que l’Amérique s’étirait entre les deux pôles, telles des épines dorsales d’un poisson corallien, un chapelet d’îles se dressa à la surface des eaux pour former le bassin des Caraïbes.

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Papillon sculpté par quelque sirène amoureuse, Karukéra déploya ses ailes exhibant aux yeux des mondes la corniche d’or, étrenne du Dieu Soleil. Des roches couleurs d’ébène, semence de volcans en chaleur, s’incrustèrent dans l’écrin forestier riche des essences telles que, mahogany, acajou rouge, courbaril, résolu, laurier rose qui en nombre se dressaient majestueusement pour recevoir l’élixir solaire. Une eau cristalline émergeant des entrailles de la terre donna naissance à une palette de rivières qui de Petite-Anse à Colas s’évertuèrent à rendre la terre fertile. La mer pour se reposer enchâssa dans la côte rocheuse des lits de sable fin. L’Eden pointe-noirien était prêt à accueillir ses premiers hôtes. Le tapé et le scieur de long s’installèrent en maître des lieux.

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Une myriade de lunes plus tard à la faveur des tsunamis historiques sur les rives de l’île aux belles eaux, des hommes furent rejetés. Amérindiens échoués, Européens accostés, Africains déchargés, Indiens transportés. Un « zagalakatéléman » racial que le temps s’échina à mélanger pour former un peuple métissé. Pointe-Noire, Eden pour certains, Hadès pour d’autres mais Terre Promise pour tous se mit en quatre pour accueillir tous ses enfants.

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A force d’agitations le mélange finit par se dissoudre dans une vapeur post-esclavagiste et forma ici et là quelques lueurs évanescentes. Quelques « sosyétés » telles que l’holliday’s club, l’aurore, le Foyer culturel, la société sportive pointe-noirienne et quelques autres eurent le mérite de jeter sur  des consciences groggys les premiers éclats lumineux sans toutefois provoquer l’aurore culturelle espérée.

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Au début des années soixante tandis qu’à l’Ouest une étoile se levait pour guider quelques pionniers de la communauté sportive, un klendenden monta de la savane. Il jetait tout autour de lui des étincelles de culture créoles perforant l’obscurité coloniale et annonçant l’aube culturelle que tous inconsciemment attendaient. Ainsi naissait La Luciole.

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Comme pour tout nouveau né, il fallut des géniteurs. Louise Perrier-Latour, Yves Rémy, René Philogène, André Garnier, Max Rancé avec d’autres prirent conscience de la nécessité d’agir pour tenter d’homogénéifier cette société composite. Ils imaginèrent un liannaj culturel et devinrent ainsi les parents fondateurs de la Luciole. L’acte de naissance fut dressé le 11 juillet 1964.

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Encouragé par ses pères, la nouvelle venue s’anima et vola de création en création pour tantôt adoucir les cœurs, tantôt éclairer les esprits. Ceux qui l’avaient conçu espéraient dissiper l’obscurantisme qui parfois enveloppait les communautés. Des activités culturelles virent le jour. Après-midis récréatives, soirées dansantes, défilés carnavalesques et sorties, surprirent plus d’un puis émerveillèrent bon nombre avant d’entraîner la foule. La Luciole devenant populaire s’émancipa. Des expositions mettant en lumière l’artisanat local telles que la peinture, la photographie d’art où même le journalisme, réveillèrent des talents jusque là en hibernation dans des âmes assoupies.

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Si la Luciole est le fruit d’une réflexion commune, un homme va particulièrement contribuer à sa réussite. De Président il devint père en faisant d’elle sa fille. Pendant plus de trente ans il l’accompagna à tous ses rendez-vous, aussi bien culturels que sportifs, en se dépensant sans compter pour l’emmener de succès en succès. Vous l’avez tous reconnu. Il s’agit bien sûr du Président Yves Rémy qui nous accueille et auquel on ne peut s’empêcher de faire un petit clin d’œil.

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Yves REMI et René PHILOGENE firent de l’émancipation de l’homme guadeloupéen la raison d’être de la Luciole. Hommes aux tempéraments complémentaires ils s’employèrent à sortir des sentiers battus en innovant avec des actions qui pouvaient déranger quelques uns, confortablement installés sur leur chaise à porteurs. Ce fut particulièrement le cas dans le domaine culturel où il fallut défricher la pensée collective pour planter de nouvelles idées. C’est ainsi qu’à une époque où nous étions encore arrière petit-fils de gaulois, ils contribuèrent à faire entrer l’histoire de la Guadeloupe dans la société à travers des manifestations telles que le théâtre. La pièce  « Menm baye, menm konba », écrite et produite par René PHILOGENE en est une vivante illustration. Cette pièce qui relate une période majeure de l’histoire de la Guadeloupe arracha de l’ombre de la colonisation la figure emblématique du colonel Delgrès  dont l’épopée en émut plus d’un. Des représentations telles des coups de projecteur sur la conscience collective furent données dans diverses villes du département. Le succès finit par déborder notre île pour atteindre les rives de la Martinique. Au fil des représentations des anecdotes avaient fleuri, certaines plus pimentées que d’autres, surtout lorsqu’elles tournaient autour des feu Gros Jacques ou autre Bardochan.  Aujourd’hui encore, il n’est pas rare qu’un reflux fasse remonter de quelque entraille un hoquet picotant.  Nos défricheurs de conscience avaient fait d’une pierre deux coups. Par le truchement du théâtre, ils avaient sortis des sous bois coloniaux les pères mêmes de la liberté, et de la rue, les anonymes qui allaient les représenter. Quelques années plus tard avec « Sonjé », autre interprétation historique, de nouvelles graines d’acteurs sont venues enrichir le terroir. C’est ainsi que Laura PERRIER-LATOUR fut révélée au public dans le rôle de la « Mulâtresse Solitude ». Mais emportés par leur élan, nos pionniers n’en restèrent pas là. Avec d’autres ils caressèrent l’idée de faire sortir la Guadeloupe de son isolement dans la Caraïbe. A une époque où la plupart des chemins qui partaient de Guadeloupe menaient non pas à Rome, mais à Paris, ils prirent l’initiative de tracer quelques raccourcis dans le bassin caribéen. Des barrières artificielles, tombèrent le temps d’une rencontre sportive ou culturelle avec un voisin anglophone. Dans le même temps des passerelles relièrent les imaginaires permettant de découvrir à travers l’adaptation théâtrale une œuvre telle que « Gouverneur de la rosée » de l’Haïtien Jacques Roumain.

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Mais la Luciole, esprit précoce après une émancipation culturelle rapide dévoila très tôt ses capacités physiques à travers l’expression sportive. Dans sa frénésie elle toucha à différents ballons mais se saisit d’un seul. Guidée sans doute par quelque dieu du sport elle préféra le basket à d’autres disciplines telles le volley-ball ou le hand-ball. Dès 1967, la première équipe masculine voyait le jour avec des joueurs tels que Gérard Perrier-Latour, Edouard Rousseau, Roland Désirée, Max Rancé, Alain Rancé, Guy Haguy, Julan Jolo surnommé Poppy, Georges-Henri Iscaye dit Toto, Jacques Labry et quelques autres. José MISHER qui ne craignait sans doute pas d’incarner l’esprit du kledenden accepta de prendre la direction de ce rassemblement pour le mener vers des lendemains qui chantent. Et de fait, gravissant les marches plus vite que prévue l’équipe, l’année suivante remporta un tournoi organisé par la ligue de basket et passa dans la division supérieure. Peu de temps après une équipe féminine lui emboita le pas. Mesdemoiselles Marie-Cécile Cayol, Jacqueline Rousseau, Josiane Perrier-Latour, Marie-Louise Rousseau pour ne citer que celles-là expérimentèrent à leur tour l’ivresse de la compétition.

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S’abreuvant des années qui s’égouttaient la Luciole s’épanouit jusqu’à s’imposer dans le paysage du basket-ball guadeloupéen, jalousement gardé par une élite citadine. Dans les années quatre-vingt, les frères Rousseau imposèrent leurs empreintes au club. Celui-ci alors tutoya les sommets avant de s’y poser en 1988, année où il gagna tout ce qui tout ce qui avait été organisé. Le championnat de la Guadeloupe, la coupe de la Guadeloupe et la coupe France-Antilles étant parmi les plus convoités. Un des joueurs emblématiques « Bozo » alla même jusqu’à déclarer « menm sé on pòt a yaout yo mèt en jé nou sèten gagné-y ». C’est d’ailleurs cette année-là que, pour la première fois, une équipe antillaise remportait une victoire sur le territoire national à Saint-Aman Les Eaux. Il s’agissait de la phase finale du championnat de France de national 4. La Luciole sortit à la troisième place et ouvrit du même coup un passage transatlantique au basket-ball guadeloupéen.

Entretemps José MISHER  appelé à d’autres occupations avait été remplacé par Calvin BRYANT mais les victoires telles des perles continuèrent à s’enfiler dans le temps qui s’allongeait tandis que la vitrine du club s’emplissait de l’éclat des mille feux que projetaient les coupes qui se multipliaient avec les années.

En ce cinquantième anniversaire voulant sans doute nous rassurer quant à l’avenir du club, les équipes sportives ont marqué la saison 2013 – 2014 d’un faisceau d’empreintes victorieuses. Chacun est allé de son éclat lumineux, de l’école de basket masculin jusqu’aux séniors qui sous la direction de Guy Rousseau ont terminé premier du championnat de deuxième division et ont signé d’ores et déjà leur retour en division excellence.

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La maturité culturelle atteinte, ses créations se diversifièrent allant jusqu’à déborder Pointe-Noire pour se répandre dans l’archipel guadeloupéen. Entretiens-débats, rencontres littéraires, dîner poétique ont été créés, imprégnant espaces public et privé d’un halo culturel. Mais dans ce foisonnement artistique le théâtre se maintint toujours à la bonne place. Au milieu d’une riche production, « La vie en face », une adaptation du roman de Charles-Henri MARICEL-BALTUS par René PHILOGENE connut en 2010 un succès régional. Avec une pièce en moyenne par an et un accompagnement privilégié de l’Artchipel, la Luciole devint une pépinière de nouveaux talents. Aux côtés des comédiens se sont élevés des écrivains et des metteurs en scène telles Ghislaine BISSECK ou Nelly BOROMEE-MIGEREL.

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Après une trentaine d’année passée à la tête de la Luciole et 2 faux départs Yves REMY, sans doute la mort dans l’âme choisit de se mettre en retrait. Et la Luciole, telle une orpheline dut s’habituer, non sans mal, aux  successeurs de son père de président, près d’une dizaine en 20 ans. Parmi eux Lucette COGNET, la seule femme qui en exerçant de 1994 à 1996 resta dans la moyenne et marqua de son empreinte féminine son passage à la tête de l’association.  D’autres nous regardent aujourd’hui de loin. C’est le cas de Jean-Elie BARDOCHAN et de Claude GAUTHIER qui cheminent dans l’autre monde aux côtés d’Yves REMI … Joseph SALMIER, Raoul CETOUT, Josée NEREE, Michel GREGOIRE, Tony SINIVASSIN et Xavier DESPLAN viennent compléter une enfilade de Présidents qui, chacun à son rythme, a su mener contre vents et marées, la Luciole jusqu’en 2014 pour nous faire vivre ce cinquantième anniversaire.

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50 ans c’est l’occasion pour nous de marquer le pas et de prendre un temps de réflexion. En1964, l’année de naissance de notre association l’homme guadeloupéen avait un impérieux besoin de se construire. Arrière petit fils d’esclave il avait, malgré lui, accumulé beaucoup de retard par rapport à la marche du monde. Sachant assez mal d’où il venait, il lui était alors impossible de connaître où il était et encore moins où aller. Aujourd’hui il a résolu deux de ses problèmes. Il sait d’où il vient et à peu près où il est. Dans cette nécessaire quête identitaire, la Luciole peut se réjouir de lui avoir donné un discret « palkonduit »

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Si aujourd’hui notre passé s’est éclairci, notre futur est toujours aussi opaque qu’au début si ce n’est davantage. Pris dans la dynamique d’un monde en déboulé nous fonçons à tombeau ouvert vers on ne sait quelle destination. Etourdit par les plats de pacotille qui nous sont servis à tour de bras, nous semblons aveugle à nos richesses naturelles et encore davantage aux menaces qui pèsent sur elles. Dans notre Eden créole où à l’origine le fruit défendu ne semble pas avoir pris racine, il est grand temps de nous lancer dans une chasse au trésor afin de cueillir les merveilles de la vie qui pourraient largement suffire à notre bonheur.

Si le klendenden veut bien nous servir de guide dans l’exploration de notre Cité d’Or, par ces temps d’éblouissement virtuel, ses petits éclats lumineux naturels seront la bienvenue.

@

Programme

RETOUR

Charles-Henri MARICEL-BALTUS (04/07/2014)

Contribution photographique: Edouard P-LATOUR

 

 

Publié dans : 1-2 Evenementiel, 2-6 Article | le 12 juillet, 2014 |Pas de Commentaires »

Biography

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Native of Guadeloupe, I lived abroad some years. Came back in my country, besides my professional activities I cultivated three passions, walking in forest, travelling and, of course, writing. First, I visited the Caribbean area and Haiti with its culture and its hard social realities marked me a lot. My interest for philosophy and history of religions led me to Greece, to Turkey and to the Holy Land. Later I discovered through Léon Tolstoï the Russian literature and in 1998, I visited Moscow and Sint-Petersburg. In 1999, I visited the south of USA.

Sensitive at the education of young people, with the cooperation of libraries, primary schools and associations of district I created some competes of poetry.

I already published four books in French. A collection of poems in which I celebrate the beauty of the nature while evoking the human poverty. In my trilogy (3 novels) about life and identity I tell the life of a character from his birth to his death.

On my blog (this one),  I regularly publish poems, short stories and tales which allow to discover Guadeloupe through its culture and its natural heritage. I created an english page where, I post, occasionally, english texts.

Bibliographie1-300x200 dans 2-5 English creations

Publié dans : 2-5 English creations | le 12 juin, 2014 |Pas de Commentaires »

Climate impacts ‘overwhelming’ – UN

G W 1

The impacts of global warming are likely to be « severe, pervasive and irreversible », a major report by the UN has warned. Scientists and officials meeting in Japan say the document is the most comprehensive assessment to date of the impacts of climate change on the world. Some impacts of climate change include a higher risk of flooding and changes to crop yields and water availability. Humans may be able to adapt to some of these changes, but only within limits …

Our health, homes, food and safety are all likely to be threatened by rising temperatures, the summary says. This latest Summary for Policymakers document highlights the fact that the amount of scientific evidence on the impacts of warming has almost doubled since the last report in 2007.

G W 2

« Nobody on this planet is going to be untouched by the impacts of climate change, » IPCC chairman Rajendra Pachauri told journalists at a news conference in Yokohama. …

After 2050, the risks of more severe yield impacts increases, as boom-and-bust cycles affect many regions. All the while, the demand for food from a population estimated to be around nine billion will rise. Many fish species, a critical food source for many, will also move because of warmer waters. In some parts of the tropics and in Antarctica, potential catches could decline by more than 50%.

G W 3

While the poorer countries are likely to suffer more in the short term, the rich won’t escape. « The rich are going to have to think about climate change. We’re seeing that in the UK, with the floods we had a few months ago, and the storms we had in the US and the drought in California, » said Dr Huq. « These are multibillion dollar events that the rich are going to have to pay for, and there’s a limit to what they can pay. »…

But it is not all bad news, as the co-chair of the working group that drew up the report points out. « I think the really big breakthrough in this report is the new idea of thinking about managing climate change as a problem in managing risks, » said Dr Chris Field « Climate change is really important but we have a lot of the tools for dealing effectively with it – we just need to be smart about it. »

BBC 31 March 2014 (http://www.bbc.com/news/science-environment-26810559)

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Bibliographie

Life in her show on Earth, such as an excellent director, has not probably used up all the possibilities that offers him the youngest and the most promising of these actors. But if our performance continues to harm her rather than to serve her, contributing to her destruction rather than to her construction, our part could disappear from the play well before the end of the performance. We should maybe think of it before acting.

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

Version française

Publié dans : 2-5 English creations | le 2 avril, 2014 |Pas de Commentaires »

A stay in Saint-Thomas

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As any treasure, the access to this natural jewel box is protected by an administrative net and strict controls on the borders to try to discourage pirates and other immigrants who desire it. For the French visitors a simplified visa is required to transform the dream into project which a passport up to date allows to realize. To customs you must show credentials and refrain from any vegetable or culinary present. These obligations filled you can finally take advantage freely of this small brightness of precious earth of 83 km2 for 57800 inhabitants.

Solsberg

If you arrive in the daytime one of the first meetings that you make is the light. As on all the islands of the Caribbean it crosses your body until it reaches your heart which begins to shine with a contagious happiness.

We  climbed to Solsberg where we were going to stay. At a glance, from the balcony where my look took off, I realized that we had landed in a tropical Eden. I thought this treasure which was going to offer itself to us during  our entire stay had to have aroused keen interests for centuries. I experienced the strange feeling that it was entirely up to us and that nobody could steal it from our view during our stay. The next days from the sunrise to the night, insatiable, I drank pictures of this source which like a fountain of youth refreshed my soul and mysteriously cleared my body of all tensions. In the natural settings have been added, here and there, some jewels worked by man’s hand, such these cruise ships parked along the quay or this small seaplane which made turnover between Saint Thomas and the nearby islands. The sea was also strewed with a wide variety of sailboats.

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The accommodation in private homes offered us the advantage of not being contented with common holidays but getting absorbed in a cultural exploration of one of the communities which makes up the population of this american Island. This community, native of the French island of Saint-Barthelemy, is established since the 19th century at Frenchtown, a district situated on the West of Charlotte-Amalie, the capital. Most of these immigrants were fishermen. A small fishing port with its fleet still testifies of the place of this activity within the community. The women originally made straw hats and brooms.

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These « Frenchies » try to protect some of their customs. Families make traditional cakes to mark life events such as weddings, births or some holidays of the calendar. So you can occasionally savor « Black cake »,  » Rum cake « , or  » Viana cake « . The oldest people can still  express themselves, with difficulties sometimes, in French or in Creole dialect. The chapel saint-Anne set up in the 1920s on a mound in the middle of Frenchtown welcomes and keeps an eye on the faithful, Catholic in their great majority in a country where other confessions such as Lutheran, Anglican or those came from the USA are also present on the island. A museum, since 2004 grouping paintings, potteries, furniture but also photos and manuscripts offers to Saint Thomas a showcase to expose its French inheritance.

Ch-Amalie

Charlotte-Amalie is essentially turned to business. Numerous alleys cross the city and are marked out by jewelry and leather stores or by alcohol and souvenir shops. We must add peddlers coming from all over the caribbean and which are settled on a place which looks like a tent village. All these storekeepers try to draw the attention of thousands of visitors coming from the cruise ships which in high season can go up to seven. Lead by a beam of pleasant aromas and a palette of varied colors we roamed in a rather clean city, despite the liveliness, in turning into the slightest way. We went along an artists’ path where we were able to admire the work of the local painters and more. We stopped to admire taxis in the varied colors. Their original shape offers to the passengers a panoramic vision during the ride. Finally we ended up at the foot of the “99 steps” dating from the 18th century that we climbed one by one up to the summit on where we lingered before taking the way back.

Paradise

At the EAST of the city, a cable railway takes you to « Paradise Point ». With the port sheltering three huge cruise ships in our feet and the city stretching along the bay which opens on the Caribbean Sea, this point of observation offered us the most beautiful view of the island. Shops, a bar and a restaurant complete the setting.

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Inside the island there are many points of view and the panoramas are breathtaking. Two places however hold the attention of the visitor.  First, the beach of Magens Bay which has the reputation to be one of the most beautiful of the Caribbean. Its shape reminds one of a heart, which is a very original way of welcoming the visitors. White sand and turquoise blue water, sun but also shade under coconut palms, make a dream landscape which transported us, the time of a bathing, to another universe.

Then Mountain Top situated on the highest summit of the island is a pleasant place which offers among others a panoramic view on Magens Bay. The gift shop with a large collection of articles eased our choice of presents to offer when going back home.

StJohn

For the one who wants to push his curiosity beyond Saint Thomas and to soak in the jewels of this archipelago a little more, ferries allow to go from an island to the other. We chose to offer ourselves Saint-John, 52 km2 for 4100 inhabitants. After a turbulent crossing we arrived on an island wrapped in luxuriant vegetation which makes it, a wilder nature than Saint Thomas but an ideal place for hiking. A crossing of the island by local taxi revealed us some visual treasures, throughout the ballad. A stop at Annaberg Sugar Mill, the ruins of an old sugar farm dating from the colonial period, offered us a page of history close to ours. Our visit ended where it began, at Cruz Bay, the main city which still served us gift shops. In this town, we enjoyed a local bokit which we found very tasty.

UVI

To end the stay our guests drove us to the university campus. We discovered on this occasion that the « University of the Virgin Islands », one of the most important of the Caribbean, welcome students coming not only from the Caribbean space and the USA but from the whole world. The taught program is highly varied and covers almost all of fields of activity such as business, technology, biology, law, literature, human sciences, art, environment, etc.

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The time always acting on impulse, it sped and the end of our stay came more quickly than felt. We spent a doping fifteen days which made a deep impression on us. We shall not forget those who sympathetically crossed their time with ours and let us as souvenir, either one moment, or a present. We thank more specifically our guests who by their dedication and their way of life, obviously, brought us the main part of our wonderful stay.

Friends of Saint Thomas we thank you for your welcome. Your lovely island helps to do Caribbean the most beautiful place of the world. Please protect-it!

Version française

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

Publié dans : 2-5 English creations | le 28 février, 2014 |Pas de Commentaires »

La terre promise

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Au commencement…

Tombée du ciel, mon île,

Un écrin où s’empilent,

Mille trésors pour l’âme,

Atours de l’Une Dame,

Fut un vert panthéon

Vierge de dieux colons.

Incrusté, un bijou.

Miroite à rendre fou.

De ses doigts l’océan

De son souffle, le vent

Du regard, le soleil

Sculptèrent la merveille.

Au loin, la Désirade

A distance d’œillades

Veille sur le trésor

Dans son clair coffre-fort.

 

On conte, que les dieux

Jadis, choisirent ce lieu.

Pour en faire un cénacle

Et rendre leurs oracles.

Yocahù[1] sous son charme

Y attacha son âme,

Par le don du soleil,

Son fils, qui au réveil.

S’arrache de la mer,

S’élève dans les airs

Enflammant terres et cieux,

Eblouissant les yeux.

La Pointe des Châteaux.

Alors divin joyau

Irradie l’océan

Et luit au firmament.

Le serpents de mer

Surgit des entrailles de la mer,

Non loin de notre chapelet d’îles,

Emergea un génie marin.

Il s’enflamma de passion

Pour les sirènes caribéennes.

Comment en effet résister

Au regard clair de lune de la Désirade,

A la douceur romantique de la Marie-Galante,

Au sourire ensoleillé des saintes,

A la fraîcheur aromatisée de la Basse-Terre,

Et aux seins généreux de la Grande-Terre,

Que déjà, il imaginait

Gorgés de sucre.

Mais pire que le pirate

Il força les portes du paradis

Viola la terre,

Tua les « bestioles »,

Et importa d’Afrique

« Des bêtes de somme ».

En alourdissant leur chaîne

Par un joug spirituel.

En une pincée d’hivernage

Et une poignée de carêmes,

Les îles souillées  perdirent leur piété,

Et devinrent malédiction.

La mer se souleva

Et dévora la côte.

Le soleil s’échauffa

Et brûla jusqu’au duvet.

Le vent  s’irrita

Et balaya tout autour de lui.

La lune se métamorphosa en marchand de sable.

Les îles crées paradisiaques

Se couvrirent alors de stigmates,

Flanc déchiqueté,

Visage grillé,

Souffle venteux,

Regard noir.

 

Une pluie de lamentations cosmiques,

Finit par s’abattre sur l’Afrique,

Libérant les énergies mystiques de la Terre Mère.

Les dieux arrachés de leur torpeur,

Entre les deux mondes,

Tracèrent alors un raccourci.

Les loas,

Furent dépêchés sur place

Pour venir battre discrètement le tam-tam.

A force de tambouriner

La porte du temps fut déverrouillée.

Ici et là,

Des oasis furent aménagés

Et les fils déportés

Trouvèrent où bivouaquer.

Dans des bulles d’éternité

Emergèrent des lambeaux de paradis

Et la vie recouvra sa nature créatrice.

Le vent joua de la flûte.

La mer,

A l’ombre des cocotiers,

Installa des lits de sable fin.

Le soleil,

A l’aube et au crépuscule,

Peignit sur la voûte céleste.

La lune pleine

Pailleta les refuges « marron ».

Le temps passant,

Les bulles fusionnèrent

Ouvrant le chemin de croix

Jusqu’au Golgotha.

Le héros expira

Mais la liberté triompha.

La « Porte d’enfer »

S’ouvrit alors sur un purgatoire.

Le purgatoire

Si l’obscurité se dissipe,

Les yeux embués

Retardent le levé du jour.

La misère en embuscade

Frappe  et libère un  hurlement,

Ecorchant une oreille sensible.

Un courant d’air corrompu,

Emmené par l’alizé infatigable,

Vient titiller des narines

Dilatées par l’essoufflement.

Un flot de paroles empoisonnées

Jaillit d’une gueule venimeuse

Et asperge le nouvel affranchi.

L’air chauffé à blanc

Par un soleil de carême torride

Brûle une peau stigmatisée.

Tandis que le corps irradié

Se dissout dans la terre,

L’âme, enfin dégagée,

Cherche alors la voie des cieux.

Mais elle ne trouve

Que le chemin du royaume d’Agoué[2].

A sa grande surprise,

Elle est accueillie en élue.

Invitée à partager

La mystique quiétude des profondeurs,

Des mains invisibles

Lui prodiguent mille caresses,

Soulevant des vagues d’émotions,

Jusque là inconnues

Qui la plonge dans une béatitude.

Le verbe alors s’éteint.

L’ouïe perd sa finesse,

L’odorat n’est plus inspiré.

 

Seule la vue garde son pouvoir.

Elle traverse des murs d’eau.

Et s’engage dans un voyage allégorique,

A elle s’offre un monde nouveau,

Qu’elle croit magique.

Des myriades de fleurs,

Aux couleurs arc-en-ciel

Jonchent, à perte vue

Le plancher océanique,

Tantôt colline,

Tantôt plaine.

Des nappes d’eau radiantes,

Emettent des reflets envoûtants

Suggérant quelque divine clarté.

Des sirènes coralliennes

Mues sans doute,

Par les sept rythmes du Ka,

Evoluent par vagues

Et donnent à ce décor paradisiaque

Une touche de vitalité « marronne ».

Leurs tenues d’apparat,

Pailletés de poussières d’or et d’argent,

Scintillent,

Tantôt comme un soleil,

Tantôt comme une lune.

 

L’âme alors envoutée s’abandonne.

Elle a enfin trouvé la paix

Que sur terre la vie lui refusait.

Affranchie pour la seconde fois,

Elle peut librement poursuivre son voyage,

Par les abysses.

Un jour sans doute

Elle retrouvera son corps

Et renaîtra dans un jardin d’Eden.

 

L’Eden créole

Acomat boucan,

Gommier blanc,

Mapou baril,

Châtaignier,

Bois-rouge carapate,

Des piliers vivants

Qui supportent une voûte végétale,

Parsemée d’étoiles.

Source de lumière céleste

Dont la rémanence

Diffuse

Une clarté mystérieuse et feutrée

Dans la verte cathédrale

Aux colonnes majestueuses,

Des oiseaux,

Tous de ce paradis,

Kio,

Pipirit,

Tapeur,

Ramier

Perdrix,

Grive,

Zozio kabrit,

Voltigent,

Et psalmodient en langage des cieux,

Invitant au recueillement.

Un parcours sacré,

Aux antipodes du chemin de croix,

S’entortille autour d’une rivière.

Jourdain caribéen,

Qui arrose le lieu saint

Et propose à chaque bassin

Un baptême

Sans imposer le Baptiste.

 

Une colonne,

Sans doute renversé,

Par un duo de temps

Tantôt long et usant

Tantôt impétueux et destructeur,

Git dans ce lit providentiel.

Hôte encombrant

Que le propriétaire des lieux

Avec la complicité du courant

Tente de faire glisser

Sur la calotte de mousse

Qui coiffe les pierres couleur d’ébène.

Autres intrus

Qui témoigne d’un passé ardant

Quand la montagne vomissait alors sa bile.

L’eau cristalline

Qui sourde des flancs de la roche mère.

A lavé les colères d’hier.

Et charroie,

Les trésors d’aujourd’hui.

Mulets,

Dormeurs,

Colle-roche,

Poisson banane,

Grogneur croco,

Dents de chien,

Selon l’humeur du cours d’eau,

Et selon la foi du passant,

S’exposent à la vue.

Le soleil déclinant,

Un monarque[3] américain

Tantôt loas, tantôt ange,

Accompagne dans leur nid

L’Adam noir et l‘Eve blanche

Qui lavés du péché originel

Renaissent dans cet Eden créole,

Inconnu du serpent.

 


[1] Yocahù : Dans la mythologie Taïnos (ethnie amérindienne) le père créateur.

[2] Agoué : Dans la mythologie Vaudou, le maître des flots et de la mer.

[3] Monarque américain : papillon migrateur célèbre en Amérique et présent aux Antilles.

Publié dans : 2-2 Epopée | le 28 juin, 2013 |Pas de Commentaires »
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