Publications du mois / Accueil

PUBLICATIONS DU MOIS

 A la une  agenda1.gif Août 2010 

imag01171.jpgAscension

L'oracle l'accueillit, et sans peine, sans frustration l'éleva jusqu'à la cime.

dominica.jpgCharming Dominica

Say to me charming Dominica, what your secret ? (Dis moi charmante Dominique, quel est ton scret ?)

imag0111.jpgKado d'anniversaire

Comme chaque année, à ma date anniversaire, j'avais rendez-vous avec la vieille dame qui veille sur notre Gwada.

PRESENTATION DU BLOG 

9782748027907front.jpgmoi.jpeglavieenface.jpg

Vie, nature, mémoire, devenir

Ce blog littéraire célèbre la vie et met en valeur le patrimoine naturel et culturel de mon île, la Guadeloupe. Chaque mois qui passe, emmène ses nouveaux articles et ainsi s'élève sur la toile, un monument intemporel qui sublime le réel.

mmorial.jpegcartegpe.jpg

Ecrivain, je vous invite à emprunter ma pirogue autobiographique pour naviguer dans mon oeuvre  qui va de la poésie à la prose. Ensuite, par les différents sentiers de la littérature (nouvelles, poésie, contes, récits, etc…) vous pourrez vous immerger dans les articles publiés et parcourir mes textes inédits sur la nature et la mémoire. Un balisage des évènements influençant mon existence et ma pensée vous conduira de temps en temps jusqu'aux alentours de mon “être”. Vous déboucherez enfin sur une savane où à l'ombre d'un baobab feuillu d'épopées et de lyrismes, poètes disparus et poètes en herbe palabrent pour tenter de sauvegarder le lien intergénérationnel.

coucherdesoleil1.jpeg

Qui que vous soyez, ce site vous offre une réelle occasion d'évasion dans un Eden tropical au passé tourmenté et à l'avenir incertain. Naviguer à votre guise en choisissant, ci-contre, votre ballade. Il vous suffit de prendre le lien qui vous tente. Il n'y a aucun risque de vous égarer car une boucle de retour vous permet de revenir, à tout moment, au point de départ.

Publié dans : 0 - ACCUEIL |le 12 août, 2009 |2 Commentaires »

Ascension

a1.jpga2.jpga3.jpg 

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

RETOUR

Publié dans : Mickael (souvenirs) |le 12 août, 2010 |Pas de Commentaires »

Charming Dominica

dominica.jpg

chd1.jpgchd2.jpgchd3.jpgchd4.jpg

  

Say to me charming Dominica,

What’s your secret?

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

RETOUR

Kado d’anniversaire

imag0123.jpg

Comme chaque année à ma date anniversaire, j'avais rendez-vous avec la vieille dame qui veille sur notre Gwada.

imag0111.jpg

Comme chaque année je devais y subir l’épreuve des ans qui consiste à lui monter un panier rempli de mes années vécues. Une hotte qui évidemment s’alourdit avec le temps.

imag0117.jpg

Comme chaque année je lui ai présenté mes offrandes, un poème et des photos pour lui conter sa beauté. Et comme la dame au miroir il vaut mieux ne pas lui renvoyer une image déplaisante.

diapositive1.jpgdiapositive2.jpg

Comme chaque année elle évalua ma performance et mes présents  avant de les agréer pour ma plus grande satisfaction.

imag0113.jpgimag0114.jpg

Comme chaque année je repartis pour un nouveau tour en espérant le finir et retrouver “la vieille oracle” l'an prochain.

imag0119.jpg

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

RETOUR

Salon du livre de Saint-Martin (8è Ed.)

dsc00916.jpg

Du 3 au 5 juin 2010 s’est déroulé le « Book fair » de Saint-Martin, une manifestation organisée sous la coordination de Shujah REIPH avec la participation de la « house of Nehesi  Publisher », « the University of Sint-Maarten » et the « Sint-Maarten Tourist Bureau » ainsi que la collaboration conjointe de  la Collectivité de Saint-Martin et the « Island Territory Sint-Maarten ».

Ce salon a réuni des femmes et des hommes de lettres issus de différents pays et territoires des Amériques, tels que, Christian Campbell du Canada (Toronto); Carolyn Cooper de la Jamaïque; Quito Nicolas d’Aruba; Hérard Jadotte d’Haïti;  Lasana Sekou de Saint-Martin; Max Rippon, Georges Cocks et Gény Cointre de la Guadeloupe et plusieurs autres auteurs.

Invité pour la première fois à ce salon en tant que poète et écrivain, en usant avec quelques difficultés de la langue de Shakespeare, j’ai eu le plaisir tout de même d’échanger avec divers auteurs caribéens.

Comme on peut le supposer, ayant partagé pendant des  siècles la même histoire, nous avons une base culturelle commune que l’on retrouve aisément dans nos diverses créations et qui se révèle dans tous nos échanges. Les différents  séminaires ont fait une large place à la négritude mettant ainsi en évidence, en ces temps de mondialisation, son intemporalité. Ses valeurs, en effet proches de celles de la vie, peuvent  constituer une bouée de sauvetage pour tous les peuples, sans distinction de race ou de religion, qui font naufrage dans l’océan de la globalisation. C’est tout naturellement que mon œuvre, basée sur le respect de la vie et l’émancipation de la culture caribéenne, a trouvé sa place dans cette rencontre littéraire.

Un point néanmoins m’a quelque peu troublé. C’est le sentiment de ne pas être complètement intégré dans cet espace caribéen. J’avais depuis très longtemps compris que notre attachement, mi-forcé, mi-intéressé, à la France nous avait éloigné de notre environnement naturel. Tourmenté par cette pensée, mes études terminées, à mon retour en Guadeloupe, j’avais alors  entrepris de voyager dans la région où j’avais découvert, avec une réelle surprise, l’exercice de la responsabilité. C’est à ce moment là que j’ai compris à quel point j’étais ignorant de l’histoire et de la géographie de ma région alors même que je pouvais aisément parler de celles de l’Europe. Aujourd’hui encore, même avec nos occasionnels échanges culturels et sportifs qui ont, bien sûr, le mérite d’exister, nous restons isolés dans  la Caraïbe. Le « book fair » m’a fait prendre encore davantage conscience qu’au moment où l’Europe semble avoir entamer  son déclin comme toutes les civilisations qui l'ont précédé, notre avenir est, sans nul doute, dans la Caraïbe. Mais cela passe, bien évidemment, par l’expérimentation de la responsabilité. Il convient, pour commencer, de trouver la formule la mieux adaptée au sein de la république, c'est-à-dire celle qui donne le réel pouvoir de s’assumer.

imag00672.jpgimag0073.jpg

Mais pour moi personnellement, le temps fort de cette manifestation c’est la matinée passée avec les élèves de CM2 de l’école de Sandy Ground. Ils avaient au préalable travaillé sur mon dernier roman « la vie en face ». Ils m’ont, le temps de cette rencontre, donner une leçon sur les étonnantes  capacité des enfants à apprendre à condition de savoir susciter leur intérêt et de bien les encadrer.  Dans cette école, ces 2 conditions étaient réunies pour mon plus grand bonheur d’écrivain. Ces élèves, à travers des maquettes, des dessins, des chansons, des questionnements ont fait une remarquable restitution des récits que comporte ce roman et ceci pour la plus grande fierté de leurs maîtresses.

imag0072.jpgimag0074.jpgimag0076.jpgimag0077.jpgimag0079.jpgimag0082.jpg 

Je n’oublierai jamais leur message à mon attention à travers une petite chansonnette dont on peut découvrir les paroles sur l'une des photos. Pour ma part s’il y a une  leçon à tirer de cette rencontre c’est celui-là: “Tout enfant formé avec les éléments de son environnement et bien encadré, est capable de prouesse“.

pict00222.jpg

Ce salon du livre a créé aussi des occasions de partage entre écrivains guadeloupéens  et c’est avec un réel intérêt que j’ai puisé dans l’expérience de max Rippon et le dynamisme de Georges Cocks.

I won't end without thanking Shujah REIPH for his friendly welcome.

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

RETOUR

Publié dans : 1 - La vie en face (Evenements) |le 4 juillet, 2010 |Pas de Commentaires »

La perle des Antilles

Je vous invite à découvrir “Opale”, une jeune fille pleine de talents, sans doute une brillante écrivaine en devenir. Pour reprendre son expression une « fille de la terre » qui  par la symbolique du conte nous entraîne dans une fabuleuse histoire à la saveur des Antilles et au parfum de “tan lontan“. Ce texte a obtenu le troisième prix au concours de nouvelles, “odeur et saveurs pays” organisé par la Bibliothèque départementale, le Rectorat et le CRDP. Une nouvelle, à n'en pas douter, qui régalera petits et grands.

     Biographie

Née à Saint-Tropez en 1997, Opale n’a que treize ans. Elle réside actuellement en Guadeloupe, et est élève en classe de 4ème au collège Félix Eboué de Petit Bourg. Attachée à sa terre natale et à la lointaine terre du Liban dont est issue sa mère, ses passions s'articulent autour de la littérature, des arts, de l'histoire plus particulièrement axée sur la compréhension de l'Egypte ancienne. Le dessin éveille l'intérêt d'Opale qui suit régulièrement des cours d'arts plastiques et son goût pour les voyages et l'environnement lui ont fait découvrir l'art de manipuler l'objectif à travers l'apprentissage des techniques d'audiovisuelles.

La perle des Antilles et le coquillage étincelant

photoopale.jpg

            Il faisait déjà chaud, les rayons du soleil effleuraient ma peau. J'ouvris un œil, les rideaux étaient tirés, j'aperçus la Soufrière par la fenêtre de la case. Alors, comme tous les jours, je me levai, m'habillai, et me dirigeai vers la cuisine. Debout sur les vieilles dalles de la case, je m'armai d'un coutelas et me tranchai une noix de coco, tout en m'empressant de finir de manger au plus vite.

            Car en effet,  aujourd'hui étant dimanche, je ne voulais rater pour rien au monde les merveilleuses histoires que venaient narrer chaque dimanche de très vieilles dames dans un village près de la ville de Pointe-à-Pitre.        

            Mon petit-déjeuner terminé, je me hâtai de m'emparer de mon sac (en bandoulière), et de sortir silencieusement de la maison endormie. Comme j'étais fatiguée, je choisissais le chemin le plus court car en effet ma famille et moi-même habitions sur les pentes d'une montagne qui avoisinait «la Bonne Mère» (et qui donc était très loin de tout).

            Sur le chemin, mes pieds martelaient le sol terreux du sentier, et je pouvais sentir sous mes pas la chaleur de la terre, que chaque jour le soleil réchauffait. Ma mère m' avait maintes fois répété qu'il fallait que je mette à mes pieds des chaussures ou même des sandales pour paraître jolie, mais ma grand-mère la contredisait toujours, et très franchement, je me sentais plus proche d' elle que de ma mère.

            Car moi Raïssa, 13 ans et Guadeloupéenne bon teint, j'avais toujours eu l'étrange envie, à toutes occasions, d'aller pieds nus. J'avais toujours eu étrangement besoin d'avoir cette connexion avec la terre si belle et si fertile de mon pays.

            Mes cheveux flottants au vent, après trois heures de marche à travers les magnifiques forêts,  j'arrivai enfin au village des vieilles dames raconteuses d'histoires, dont la plus vieille avait près de  cent ans.

      «Tu arrives à temps Raïssa !» lança une voix.

            Je me retournai et souris de toutes mes dents:

      «Fanny !»

            Je m'élançai vers elle et lui tapai dans la main en imitant les étrangers anglais:

      «My friend !»

            Nous éclatâmes de rire et nous prîmes place autour d'un grand manguier. A ce moment là, tous les enfants firent silence et attendirent avec impatience l'arrivée des vieilles dames. Frémissante d'excitation, je chuchotai à Fanny:

      «Aujourd'hui, ce sera conte, mythe ou légende à ton avis ?»

            Elle haussa les épaules:

      «Je n'en sais rien, néanmoins, j'aimerais celle avec la sirène qui entraîne le pêcheur au fond de la mer…»

      «Mouais, trop original», soupirai-je.

            Tout à coup, une très vieille dame s'avança, s'adossant péniblement à sa canne en bois sculpté. Ses yeux brillaient d'un feu incontrôlé, comme si elle cherchait la meilleure histoire qu' elle connaissait. Elle s'assit sur un vieux tabouret, plissa sa robe en madras et demanda d'une voix remarquablement enjouée :

      «Alors les bambins, quelle histoire aujourd'hui vais-je vous raconter ?»

            Tous les enfants se mirent à proposer diverses légendes, et la dame commença à raconter. J'avais beau avoir entendu maintes fois les mêmes histoires, je les écoutai toujours avec la même passion. Après cela, Fanny et moi avons quitté le village pour nous rendre à la plage. Cependant, je voulus m'arrêter en ville, afin d'acheter des accras et une tarte au coco (le dimanche, j'avais toujours un peu d'argent, et je me faisais plaisir en m'achetant diverses choses délicieuses à manger et parfois même … des friandises !).

            De retour à la plage, je rejoignis Fanny qui se baignait déjà. Vers onze heures, Fanny partit et moi, profitant de cette absence, m'étendis sur le sable.

            Allongée par terre, les yeux fermés, je sentais la douce caresse chaude du soleil sur ma peau. Dans ces moments là, ma vie prenait un sens. J'avais l'impression que derrière mes paupières fermées se déroulaient un long générique d'images: des paysages verts, des forêts, des montagnes, des cascades impressionnantes aux couleurs turquoise, des plages au sable blanc scintillant et immaculé et des spectacles de tradition aux couleurs joyeuses et gaies.

            En effet, depuis longtemps déjà, malgré la beauté de l'île, je me sentais seule. Les seuls êtres qui me consolaient étaient la nature, et plus particulièrement, la mer.

            Oui, la mer avec ses vagues aux écumes blanches et aux fonds marins si riches et si resplendissants à mes yeux. Poussant un soupir, je me levai et me lançai dans cette eau si claire et si pure que nul autre au monde ne saurait rivaliser avec elle. Soudainement, je sentis quelque chose dans le sable. Je plongeai sous l'eau, le ramassai, et, à vive allure regagnai le rivage. Je m'assis sur le sable et je posai la chose dans la paume de ma main. Je le palpai, le tournai, et le scrutai attentivement, puis enfin je devinai qu'il s'agissait d'un coquillage. Je le regardai de plus près. Il s'agissait là en effet d'un coquillage étincelant dont la face si polie miroitait au soleil.

      «C'est splendide.» soufflai-je perturbée.

            En effet, ce coquillage était plus que parfait et certainement pas ordinaire.

      «Une seule personne est capable de me dire de quoi il s'agit réellement.», me dis-je intérieurement, «et cette personne c'est …», je le dis à haute voix, «la plus vieille conteuse du village.»

            J'attrapai mon sac, plaçai soigneusement le coquillage à l'intérieur, et m'élançai sous la chaleur tonitruante du soleil vers le village des conteuses. Naturellement, à mon arrivée, il n'y avait plus personne, le village avait retrouvé sa monotonie habituelle. Je courus vers la case de la plus vieille conteuse du village, en espérant qu'elle y serait (j'étais l'une des rares personnes qu'elle voyait car elle aimait le calme de la nature et préférait donc être seule. Pourtant, dès que je venais la voir, elle semblait reprendre des couleurs et me narrait joyeusement les plus vieilles légendes, racontées jadis  et maintenant oubliées. C'était d'elle que me venait ma passion pour la nature). Quand  je fus arrivée devant la porte,  elle lança d'une voix faible:

      «Entrez.»

            Quand je passai le seuil de la porte et que je lui racontai ma trouvaille, elle me fixa de ses yeux fatigués (qui semblaient à ce moment empreints d'une étrange gaîté).

      «Tu es jeune et tu ne connais pas encore les lois de la nature et les mystères qu'elle peut y révéler,  mais je dois pourtant te l'expliquer.»

      «Oui ?» demandai-je.

      «Vois-tu, il existe une vieille légende, mais tellement inconnue et mystérieuse à ce jour qu'elle va te sembler extravagante.»

            Elle raconta:

      «Il y a très longtemps, à l'époque de l'esclavage, une jeune esclave nommée Kida trouva sur la plage un coquillage étincelant, qui ressemblait à celui-ci. Elle sut tout de suite à son aspect que ce coquillage n'était pas banal. Ayant compris que ce présent venait de la nature, elle lui demanda si elle pouvait le garder en échange de quoi elle ne révélerait son existence ni ne le donnerait à quiconque.

      L'accord fut conclu. Mais un jour, un autre esclave le trouva et menaça la jeune fille de la tuer si elle ne lui donnait pas le coquillage. Elle supplia l'esclave de lui faire grâce et, en oubliant sa promesse, le lui donna .C' est alors qu'un brusque orage fit trembler la terre et une mer déchaînée et effroyable entraîna la fille au fond de l'océan tandis que la nature grondait:

      «Va t'en ! Meurs, toi qui oublies ton pays et ta promesse que tu avais faite, toi qui ne penses qu'à ta piètre existence !»

            Elle reprit d'une voix douce:

      «Ce coquillage ne t'était donc pas destiné. Ce sera une fille qui aimera la nature de son pays, et son pays lui-même, plus qu'elle même, ce sera… La voix tonna :
LA FILLE DE LA TERRE !!!»

            Et la vieille conteuse termina son histoire.

      «Je crois que cette fille c'est toi.»

      «Moi ? Pourquoi?» demandai-je.

      «Tu le sais autant que moi. N'as-tu pas vu ton amour de la terre plus autant qu'à toi même, si on en croit cette légende ?»

            Oui, cela je l'avais compris depuis longtemps. Je me levai, embrassai la vieille dame et pris le coquillage entre mes doigts. Je quittai la case, courus vers la forêt, empruntai un sentier et creusai. Je creusai,  creusai,  creusai et y déposai le coquillage avant de le recouvrir de terre.

      «Sage décision…»

      «Qui a parlé ?» criai-je.

            Je regardai partout… Personne !

- «Va ! Continua la voix, ce coquillage te revient de droit, fais-en ce que tu veux, fille de la terre…»

et la voix s'estompa.

            Je soufflai: « Merci.»

            Durant la semaine des vacances de carnaval, je ne fis que m'amuser de bon cœur. Mais les  vacances finies, je venais tous les jours voir si le coquillage étincelant était toujours là. Et chaque fois que je repartais, le sucrier volant à mes cotés et le racoon suivant mes traces, la voix me disait :

      «La sagesse qui émane de toi te donnera toujours courage, car dans la perle des îles, une âme telle que la tienne y pourvoira, ne l’oublie pas.»

Opale

 RETOUR  

Publié dans : 8 - Plume du monde |le 15 juin, 2010 |Pas de Commentaires »

La plume et l’électron

Tantôt partenaires, tantôt concurrents, ils pouvaient aussi fusionner en un burin épique pour graver un évènement dans le marbre du temps. Telles ces deux empreintes que les années passant fossiliseront pour les générations futures.

Discours d'inauguration de l'agence bioclimatique de Baie-Mahault

(17/05/1993)

 edfbm.jpg

Un soir, installé confortablement dans mon fauteuil, je consommais avec appétit, mon feuilleton favori lorsqu’une panne de courant m’ôta des yeux, le meilleur morceau. Restai sur ma faim, je lâchai quelques mots aigres en direction de mon fournisseur d’énergie et je sortis ensuite prendre un bol d’air pour m’aider à digérer mon impatience. Mais dehors une surprise m’attendait car mes voisins, eux, continuaient à recevoir tranquillement leurs invités de Santa Barbara. J’en conclus que j’étais seul à être frappé par le mauvais sort et que le mal qui m’avait été jeté se logeait, sans doute, dans mon installation. Le soleil dans sa chute ayant emporté la plupart des services diurnes, j’étais bon pour me transformer en Michel Morin. L’ennui c’est qu’en électricité je n’avais que mon diplôme de consommateur c'est-à-dire que je savais, tout juste, appuyer sur le bouton pour appeler mes électrons lorsque j’avais besoin d’un petit service. Ils étaient, maintenant, sans doute bloqués par cette maudite panne. Il me fallait coûte que coûte les libérer si je ne voulais pas passer une nuit blanche dans une ambiance surchauffée au son de l’orchestre maringoin, survolté.

Avec, dans une main, une poignée de courage et dans l’autre, un éclairage de fortune, je partis à la recherche de mes domestiques lilliputiens en suivant leur chemin habituel. Je couvris un bon quart d’heure sans rencontrer âme qui vive avant de tomber sur un attroupement. Un électron complètement déchargé était couché en travers du circuit, barrant la route aux autres. Je tirai l’infortuné sur le bas-côté, libérant du même coup le passage à ses petits copains qui se remirent promptement au travail et me ramenèrent la lumière en un clin d’œil.

Je me remettais, à peine, de mes émotions lorsque je fus pris à partie par l’électron claqué qui me reprochait de l’avoir épuisé. Sa mère Electra, disait-il, devait procréer sans cesse pour fournir à vous-autres humains une main-d’œuvre de plus en plus abondante. Heureusement, ajouta-il, que le dieu Alizé leur avait fait construire à Baie-Mahaut cette résidence où leur mère pouvait enfin économiser un peu de son énergie. “Quelque électron fainéant !”, pensai-je. Tout de même intrigué par son bla-bla, je l’encourageai à poursuivre. Il me conta alors une histoire d’amour à la sauce caribéenne qui n’avait rien à envier au feuilleton qu’il venait de me grignoter.

Ecoutons-le !

-          Le dieu Alizé qui règne sur les vents des caraïbes remarqua ma mère et en tomba amoureux. Il lui fit, pendant des lunes, une cour assidue mais son père, le prince Gwada avait décidé de marier sa fille à Pétrolum, un corsaire venu du large, un bon vivant qui passe son temps à boire, à fumer et à brûler des dollars. Un gros « linbé » poussa alors dans l’âme d’Alizé. Pour tenter de s’en débarrasser, il se mit à parcourir son domaine de long en large, tantôt nonchalant, tantôt hargneux au point même de piquer quelquefois de violentes crises de colère. Sont désespoir finit par toucher la princesse Marie-Galante qui lui offrit une aile de son château pour élaborer des rancards clandestins avec sa bien aimée. Et c’est ainsi qu’une aventure extraconjugale débuta. De cette liaison clandestine naquirent quelques électrons maigrichons qui ne survécurent pas. Flairant quelque mauvais coup de Pétrolum, mis au courant par un quelconque court-circuit, les amants, la mort dans l’âme se séparèrent. Ce fut ensuite au tour de la princesse Désirade d’offrir ses services et les fils se renouèrent, le temps d’une risée. Mais Pétrolum, pour satisfaire les besoins de son beau-père, insatiable, ne laissait guère de repos à ma mère, ce qui compliquait leur aventure. Un éclair traversa soudain l'esprit d'Alizé et lui inspira la construction, non loin du palais de Pétrolum, de ce nid d’amour où ils pourraient se rencontrer souvent et se payer de fréquents kilowattheures de repos. Alizé espérait que cette idée allait faire son chemin jusqu’à la conversion même du prince Gwada à la « Zen énergie » et à la multiplication de nids bioclimatiques sur son territoire. 

Son histoire terminée le petit électron reprit sa course aux cotés de ses camarades, tandis que moi je m’installai sous ma véranda, non sans avoir pris la précaution d’éteindre les lampes  dans toutes les pièces inoccupées. Alizé, en balade, ne manqua pas de me faire un petit coucou dans une brise qui vint à point rafraîchir la tiède nuit tropicale.

Discours de départ à la retraite

(17/06/2010)

p1010385.jpg 

Le moment de fermer une porte et d’en ouvrir une autre est venu pour moi. La vie, en fait, n’est qu’un long parcours à travers le temps. Commencé avec  la naissance il se poursuivra jusqu’à la fin. Ainsi donc tout au long de notre existence nous avançons souvent au hasard des rencontres et des situations, même s’il est vrai qu’il vaut mieux avoir une bonne carte pour éviter de s’égarer.

Il y a déjà 32 ans, jeune professeur de collège à l’époque, je poussais la porte de cette entreprise, presque par hasard. J’y suis entré et j’y suis resté.  Quelle aventure extraordinaire, alors, allait s’offrir à moi !

D’abord l’entreprise en miniature, avec la campagne de la Désirade, une occasion déjà pour découvrir, aux cotés des moteurs et des lignes, la richesse des contacts humains à travers la relation clientèle. Cette dernière pouvant, de temps à autres, générer quelque échange conflictuel, comme pour un nécessaire apprentissage de la nage dans un petit bassin. De micro-évènements qui me firent, cependant, prendre conscience qu’une piscine olympique, sans doute, m’attendait à EDF et j’étais impatient d’y plonger. 

De retour sur le continent, en effet, je fus aussitôt lâché dans le grand bassin avec des ballots de plans à étudier et des caisses de matériels à normaliser afin de tracer et de construire de  nouvelles voies pour la fée électricité. Celle-ci avec l’eau ne faisant pas bon ménage je dus vite apprendre à nager pour émerger des flots et me sortir d’affaire au plus tôt.

Quelques années plus tard, envoyé à Saint-Martin pour éteindre un incendie dont la fumée commençait à perturber la sérénité parisienne, je dus, à nouveau, plonger mais cette fois dans le microcosme du « bisness is bisness ». Un milieu qui même à l’échelle moléculaire valait son pesant de dollars et se régulait au rythme des tirs de messages gros calibre. Dès les premières confrontations, de soldat du feu je passais à soldat tout court, comprenant dans la foulée qu’un gilet pare « coup fourré » me sera indispensable. Zigzagant  entre  les affaires pour ne pas tomber sous une quelconque missive assassine, je réussis tout de même à sortir indemne de cette aventure et la tête même légèrement rehaussée. Je remercie au passage mes collègues de Saint-Martin et des Îles en général qui, à l’époque, m’ont inspiré dans l’expérimentation du « Aide-toi et le Ciel t’aidera »

Hugo allait me faire découvrir l’entreprise solidaire où agents d’ici et d’ailleurs se mélangèrent, se « liannèrent » même, telle une torsade géante pour ramener dans les foyers, la lumière que l’ouragan avait soufflée, et de quelle manière. Quand je vis avec quelle passion les femmes et les hommes de cette entreprise, tous transformés en filles et fils de la Guadeloupe,  se portèrent au chevet de leur île-mère, naturelle ou adoptive, j’ai compris, à ce moment-là, que nous pouvions former une famille.

Ce sentiment m’habita jusqu’à l’expérimentation avec la nouvelle agence de Baie-Mahault. Un lieu idyllique, conçu spécialement pour permettre à une certaine Electra et un certain Alizé de vivre une aventure fondée sur la zen-électricité en vue d’économiser leur énergie. A l’ombre de leur brise amoureuse l’équipe que j’avais le bonheur d’encadrer, cultiva la solidarité et récolta les fruits de la motivation. Dans cette singulière atmosphère les problèmes apparaissaient comme des lianes à attraper pour avancer dans la jungle d’affaires, pas toujours simples et d’incidents réseaux, forts nombreux à l’époque.

Le temps s’écoula souvent au rythme des cyclones qui tantôt nous frappaient, tantôt nous épargnaient jusqu’à ce que l’un d’entre eux, un dénommé Georges, m’entraina  dans son souffle jusqu’en République Dominicaine. L’ouragan avait laissé derrière lui un spectacle de désolation dans lequel la mort tenait la vedette. Entrant en scène comme pompier du réseau électrique, je jouai mon rôle de secouriste tout en me nourrissant d’une expérience humaine  hors du commun qui participe, aujourd’hui encore, à la richesse de mon âme.

Quelques années plus tard, malheureusement un ordre venu de l’olympe nous somma d’abandonner notre Eden et nous dispersa aux quatre coins de l’entreprise. Mais nombre de graines issues de ce paradis perdu allaient se transformer en germes pour donner, ici où là, d’authentiques plants regorgeant de compétence et de professionnalisme, au service de leur groupe d’accueil. Le destin professionnel voulut que je continuai à produire avec certains d’entre eux mais m’offrit en même temps l’occasion de rencontrer de nouvelles pousses que j’espère avoir su fertiliser avec mon engrais naturel, créé à base de valeurs humaines, l’ingrédient indispensable pour la réussite  de toute société.

Au moment de partir, je constate que l'entreprise que je quitte est  très différente de celle que j’ai trouvée en arrivant. En 32 ans tout a changé. D’abord, les femmes et les hommes qui l’animent, c'est-à-dire son âme. Ensuite les organisations qui la structure, c'est-à-dire son corps. Et enfin les clients qu’elle dessert, c'est-à-dire toute sa raison d’être. Ces trois éléments sont, de toute façon, appelés à se renouveler sans cesse. Une condition indispensable à la survie même du système  dans un milieu qui s’apparente de plus en plus à une jungle et dont la dynamique peut, parfois, donner le tournis.  Mais quelque soit les femmes et les hommes, quelque soit les organisations et quelque soit les clients, il y a une chose qui ne changera jamais, ce sont les valeurs de la vie. Si vous savez vous les appropriez pour les adapter à vos besoins et à vos relations, votre réussite s’installera alors dans un rapport gagnant-gagnant et sera donc toujours au rendez-vous.

Je finirai en m’adressant tout particulièrement aux jeunes agents pour leur dire ceci : Vous avez des droits, défendez-les ! Mais vous avez aussi des devoirs, respectez-les. Droits et devoirs sont les deux rails du « savoir vivre en société ». Ils ont permis à vos aînés de conduire ce train jusqu’à vous. Maintenant c’est à vous de poursuivre le voyage sans dérailler la machine.

Pour ma part vous avez compris que je ne faisais que changer de train pour poursuivre mon odyssée vers d’autres aventures. Mais nos routes se croiseront certainement, peut-être, dans une gare à l’occasion d’une quelconque correspondance. Alors je vous dis simplement « A bientôt ».

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

RETOUR

Publié dans : La plume et l'electron |le 28 mai, 2010 |Pas de Commentaires »

Pawol a pyébwa

alleedesflamboyants.jpg 

Un sketch en créole qui raconte la rencontre d'un tout jeune arbrisseau insolent,  avec un aîné d'un demi-siècle. Deux générations différentes qui entrent en contact sur le bas côté d'une route où, ils servent vaguement d'arbre d'alignement pour satisfaire au plaisir de l'homme. Si cette histoire met en évidence le poids des ans dans l'apprentissage de la vie, c'est aussi un formidable plaidoyer pour l'environnement. Dans sa plaidoierie, l'arbre premier occupant de l'île cherche à remettre l'homme, arrivé depuis peu, à sa vraie place. Une histoire à consommer sans modération en famille, à l'école et dans les associations qui luttent pour la défense des patrimoines, naturel et culturel.

 

Tini on pakèt lanné o bô on lari on pyébwa planté la, tou sèl, ka respiré lafimé a loto é vyé lodè à zodi. On jou yo vini planté on jenn ti pyébwa owa ay. 

JP         Poooooh  owa ki vié biten yo mété mwen la menm. Gadé jen i sèk. I ja tou mô. Es misyé pa tini sida? 

VP       Mê ou ka gadé zafè pitit en mwen ? 

JP       Hein ! pitit en mwen – ka misyé konpren. Atan ti bwen – ka ou di la ?

VP       En di-w sé sa menm, en tini sida 

JP        Ou tini sida ! é sé konsa ou ka di sa. Bon dié fô mwen touvé on manyè pou mwen woté chouk en mwen en vié tè. 

VP       Dapré-w la ou soti la pa tini sa ? 

JP        Non misyé, en sôti adan on pepinyè. 

VP       E alô ? 

JP        Ka-y rivé-w, ban mwen di-w sa ti bwen. Adan pépinyè a man Dè Rénal pa tini ni pié bwa drogè, ni pié bwa salop é ni pié bwa makoumè.

VP       Wooooy ou ka vouè ou fèt avantyè. 

JP        Paskè ou sé bopè en mwen ? 

VP       En pô jen di-w sa.

JP        E ka sa vlé di alô ?

VP       Sa vlé di kè ou kouyon kon chouk a-w. 

JP        Dapré-w ou tèlemen savan.

VP       En tou ka en sav en ki jen pyébwa ka trapé sida 

JP        Pou sa, en ka vwè sa. 

GP       A ka man Dè Rénal a-w la, yo pa apwen vou respekté pli gran ki-w. 

JP        Ti ni gran et gran. 

GP       En two en chyen ba-w. 

JP        Sé ou menm ki di-y.

GP       Pli ta pli tris. 

JP        Pli ta pli tris. Ki pawol a moun bwa é sa ? 

GP       Pawol a moun bwa. Nou ké vwè sa pli ta. 

JP        En dwèt ay two fô é pi misyé. I fouti ban mwen vyé maladi ay la pa espwé.  Fô mwen véyé kô en mwen et chouk en mwen plis enkô pou-y pa fè mwen du pié en dous kondi sé pyébwa fwans la. 

Silence accompagné de gestuel (JP dévisage GP de la tête au pied). Entrée en scène d'une mobylette et simulation d’étouffement de JP. 

JP        Ka sa té yé ? 

(GP ne répond pas et quinte de toux de JP) 

JP        Vou ki konnèt tout biten daprè-w, ka sa té yé ?

(GP ne répond toujours pas et nouveau quinte de toux de JP). 

JP        Misyé pa ka réponn. En jan i té ja malfouti la, espès dè bèt a man ibè la dwèt fini kyouyé-y (quinte de toux de JP).

JP        Pè Bwa oh Pè Bwa ! 

GP       Ka ki rivé-w ? tèt a-w foukan. 

JP        Ou fè mwen pè. En konpwen sé-w ki foukan. Ti diab a toutalè la, ka sa yé? 

GP       On viris 

JP        On viris ? 

GP       Wè, on viris a mobilèt. 

JP        Ou vlé di sé la ki ka chayé ti bèt la. 

GP       Pren-y kon ou vlé. 

JP        E y pa té pé ay fè boukan-ay on dot koté ? 

GP       Ou té dwèt di-y sa. Si ou vlé en pé kryé-y ba-w. 

JP        Misyé souplé. En pa mandé-w pon favè. Bon dié en ki lakou en ay tonbé la menm? 

Silence ponctué par des accès de toux de JP. 

JP        Pè Bwa !

GP       Ka ki rivé enkô ? 

JP        Eskizé mwen pou sé vyé pawol la mwen di-w la. 

GP       I fô plis ki sa pitit  pou terbolizé on pyébwa a laj en mwen. 

JP        Men ki laj a-w Pè Bwa ? 

GP       Konmen ou ka ban mwen?. 

JP        On santèn dè sézon. 

GP       Tou sa! Fout en ka fè vié alô. Pitit, en ja vwè en ki karant-kat karenm. 

JP        Tou sèl !  Sé sé viris la ki dékalé-w konsa ?

GP       Wè pitit. Yo pa ka jouwé. Men soley-la kouché, nou kay trapé on favè pasquè viris pa ka gè soti lannuit. Fô nou pwofité pou dômi ti bwen. Alé Bonswa.

JP        Bonswa Pè Bwa.

(Simulation de ronflement Entrée en scène de l’homme avec les ordures. Sifflement.)

- A lè la sa en pé ké-ay pli lwen avè sak zodi la-w. 

- Ban mwen en ki fouté-y en pyé a sé pyébwa la. 

- Sa fèt. (Sifflement). 

JP        Snif snif snif snif ! Pè Bwa ! 

GP       Mmmmm. 

JP        Ou pa ka pwen on vyé lodè ?

GP       Mmmmm mmmmm , dômi pitit !

JP        Snif snif snif snif ! En ka toufé ! Snif snif snif snif ! Pè Bwa en pé pa dômi. 

GP       Pitit pwen san fwa-w ! En kay rakonté-w on ti moso lavi  pou ba-w on ti pal konduit adan domi la.

JP        Mèsi Pè Bwa. En ka kouté-w. 

GP       Pitit, lavi a pyébwa pa té toujou rèd.

   On tan, tousèl, nou té la. 

          En tan la sa

          Bwa té ka senblé pa si la Soufriè 

          E té ka déboulé jis owa bodlenmè. 

          En tan la sa

          Menm en kouch, dlo pa té ka dômi 

          E van pa té ka baké zôdi. 

          En tan la sa

          Pa té tini, ni bebel, ni poubel 

          E fout ! lavi-la té bel.              

   Lontan apwé, bèt rivé. 

          En tan a yo

          Zannimo pô kô té vyann 

          E bèt, té tini pou tann é konpwen. 

          En tan a yo

          Rakoun po kô té mawon 

          E jako té ka blagé toulon. 

          En tan a yo

          Ti bèt té ka bay bal jis douvan jou. 

          E Zozio té ka wouvè bal èvè jou, 

   Lôtjou la, moun rivé. 

           Dépi yo la

           Dlo a fos dômi en dalo, touné somach, 

           E, kon lota, béton pa las simé tach. 

           Dépi yo la

           Dézod kay lannuit kon gwanjou. 

           E kochonri ka drivé toupatou 

           Dépi yo la

           Si pakèt zannimo, rèsté dé tèt a lak, 

           E yo jis fini pa mèt pyébwa an pak. 

   Dépi kèk tan, 

           Yo ka blagé polisyon, 

           Bla-bla-bla pou kouyon. 

           Men, Dèmen

           Sav, si hak pa chanjé 

           Tizong tè la, ké kontaminé. 

           E apwédèmen 

           Tout, nou ké disparèt, 

           Ki pyébwa, ki moun, ki bèt. 

Pitit   pitit ! I fin pa pwen some-y. Bon ében en kay fè kon-y. Men avan en pati. En ka di tout pyébwa bonswa. E en ka mendé gwan lespri a pyébwa véyé si nou. 

Charles-Henri MARICEL-BALTUS

RETOUR             

Publié dans : Pawol a pyebwa |le 13 mai, 2010 |Pas de Commentaires »

Maman! j’ai raté mes études.

arlette.jpg

 

Le samedi 17 avril 2010,  la bibliothèque municipale de Pointe-Noire, Ancelot BELLAIRE, accueille Arlette MINATCHY-BOGAT

L’auteur: Cette écrivaine née à Saint-Claude d'une famille de 12 enfants, fait partie de la quatrième génération d'immigrés indiens arrivés en Guadeloupe il y a de cela un siècle et demi. Retraitée de l’Education Nationale, Chevalier de l'ordre des Palmes académiques, ancien adjoint au maire de Saint-Claude et de Gourbeyre, elle est proche des jeunes et se consacre à eux dans le monde associatif mais également à travers ses nombreuses pièces de théâtre jouées régulièrement dans les écoles. Elle présentera au public, élèves, étudiants, enseignants, parents d’élève et autres amoureux de la littérature antillaise, « Maman ! J’ai raté mes études… » son dernier roman, un ouvrage qui raconte les déboires d’Adriana, partie faire ses études en métropole. 

Le livre: Adriana obtient son baccalauréat à l’âge de dix-sept ans et demi. Bénéficiant d’une bourse et avec l’accord de ses parents, elle quitte la Guadeloupe, son île natale, pour entreprendre des études de laborantine, dans une université de Paris. A sa deuxième année universitaire, son destin bascule lorsqu’elle fait la connaissance de Lionel, un jeune médecin anesthésiste. Malgré son profond désir de réussir ses études, elle se laisse dominer par un amour réciproque qui met ses études en péril. Sa vie aurait pu s’orienter autrement, si elle ne s’était pas enlisée dans un flot de mensonges provoqués par la crainte liée à la puissance de l’autorité familiale et au « qu’en dira-t-on ». Dans ce roman témoignage, cette tragédie ne concerne, heureusement, qu’un certain nombre d’étudiants qui, sitôt une liberté découverte dans un univers cosmopolite, les conduit parfois à de multiples et regrettables aventures. Dans ce livre, l’auteur Arlette Minatchy-Bogat, conseille tous les parents d’étudiants à demeurer toujours vigilants quand bien même, ils leur accordent une entière confiance. 

La critique de Charles-henri MARICEL-BALTUS:  Ce roman suscite d’emblée un sentiment d’amour qui persistera tout au long du récit. Entre Adriana et sa mère, l’amour pour se protéger va se draper d’un tissu de mensonges allant même jusqu’au camouflage de la vie.  Entre cousine Marina et son mari l’amour est complexe et même parfois violent mais persiste cependant contre vents et marées. Entre Adriana et Lionel l’amour, par un coup de foudre, aveugle et assourdit pour le meilleur et pour le pire. Entre Adriana et son père l’amour bégaye jusqu’à la déglutition des vérités. Entre Chéryl et Lionel l’amour par le langage du sang dévoile, miraculeusement, le lien fraternel. Entre Chéryl et son père l’amour manqué mais tant espéré s’accomplit enfin et entraîne maman Béatrice dans la spirale. Entre les parents de Lionel et Adriana l’affection se transforme en amour filial et fait tomber les barrières raciales qui à force de médiocrité s’étaient érigées dans le cœur de la jeune fille, malgré elle. Autour du noyau que constitue Lionel l’amour attache et agglomère, allant de ses parents à ses enfants en passant par Adriana et Chéryl pour donner naissance à une nouvelle famille. L’amour enfin, force de gravité universelle, succède à la mort après l’explosion de l’éphémère astre familiale pour recomposer et recréer, à la faveur du pardon, avec cette fois comme noyau, la mère d’Adriana prête à se transformer en « poto mitan ».

Cependant cette histoire, avant tout, invite à la réflexion, tant les parents que les jeunes qui vont poser le pied pour la première fois sur le parvis de la liberté, la vie étudiante. Un espace que l’auteur arrive talentueusement à contenir dans une histoire, sorte de temple temporel  dans lequel les mirages créent l’illusion de l’intemporalité et dévoilent leur pouvoir de séduction. S’il est aisé de comprendre que ce pas en solo vers le monde des adultes est indispensable pour fonder l’homme ou la femme de demain on prend davantage conscience des risques qu’il comporte et des conséquences du moindre dérapage pour ceux qui sortent à peine de l’adolescence. Une mise en garde qui dans « Maman ! J’ai raté mes études » prend tout son sens, et qui tel un horizon imaginaire apparaît, dès le début, pour orienter le lecteur dans ce vaste océan où l’amour s’impose par son étendue et sa profondeur et tend à emporter, sous l’effet d’un irrésistible courant, ceux qui s’y aventurent. On échoue à la fin sur les rives de cette histoire qui se révèlent être celles de la Guadeloupe. Un retour à la case départ, tout compte fait, aussi rassurant pour le lecteur que pour Adriana, après tant de péripéties.

Quand on arrive au bout de cette aventure et après avoir repris son souffle on revient à l’auteur et l’on se dit que seul quelqu’un sachant de quoi il parle pouvait ainsi exprimer l’amour aussi diversement et aussi profondément.

RETOUR

Publié dans : 3 - Echo culturel |le 2 avril, 2010 |Pas de Commentaires »

Cyber base de Douville

De foyer en foyer  la vie en face”, roman d’actualité, paru en février 2009, poursuit son essaimage littéraire. C’est ainsi que le 29 janvier 2010, entre 19h et 22h, à la cyber base de Douville Sainte-Anne il avait été mis sur le feu de la discussion. Ce « kanbiz » culturel a été réalisé avec le « koudmen » de Sylvie Vanoukia, la conseillère municipale du quartier et de Yvan Galvani, le mettre des lieux. Telle une  recette de cuisine, le concept “présentation, résumé, extraits sur un fond de Ka”, interview puis échange avec le public fut apprécié de tous.

cyberbase.jpg 

S'insérant dans l'esprit du récit, les débats ont d'abord porté sur la jeunesse guadeloupéenne avant de glisser sur le devenir de notre microsociété en pleine crise existentielle. Chacun y est allé de sa vision mais tous ont semblé adhérer à l’esprit du roman. Petits et grands ont donc dégusté cette nourriture de l’esprit avec le même appétit.

Extrait. Voici l’une des différentes questions posées lors de l’interview : -  « En débarquant à Kôlbo Taali dont les souvenirs étaient restés sur son quartier d’autre fois constate immédiatement que derrière un confort artificiel se cachait une inquiétante réalité : on vivait au jour le jour et chacun pour soi. La communauté de Kôlbo, à l’image de la société guadeloupéenne est donc profondément divisée. Comment dès lors construire l’avenir ? »

 

sa2.jpg

De l’avis même des organisateurs, un encouragement, sans doute, à offrir à leur population d’avantage d’occasions de partager, entre plusieurs, des moments comme celui là. Des « bik a pawol » qui permettraient aux générations de se rencontrer, d’échanger et certainement de mieux se comprendre. La soirée s’est terminée par une séance de dédicace car nombreux ont été ceux qui après cette dégustation désiraient consommer entièrement et à leur rythme, ce roman qui leur avait ouvert l’appétit.

Un témoignage pour finir : « Ce récit est si vrai qu’on a le sentiment d’en faire partie ».

 

sa8.jpg

 

RETOUR