A la Une (27 mai)

Nègres marron

LABYRINTHES

Au cours d’une rencontre mystérieusement arrangée par ses ancêtres, une jeune fille découvre son histoire racontée par un ancien.

  1. La jeune : Et vous-même qu’est-ce que vous faites ici alors ?
  2. L’ancien : Tout ce que je sais c’est que l’on vient ici pour m’entendre conter une histoire.
  3. La jeune : Une histoire ?
  4. L’ancien : En réalité celle de Pointe-Noire, peut-être bien la tienne après tout. Le temps de la vérité historique est venue car il n’est pas digne pour un homme de substituer son passé aux récits colorés et emballés venus d’ailleurs.
  5. La jeune : Hé là pas si vite. Qu’est-ce que vous voulez me mettre sur le dos ?
  6. L’ancien : Sans mémoire il ne peut y avoir, ni présent, ni avenir et donc point d’homme… Les faits qui ont jalonné la vie de cette commune n’étaient en réalité qu’une page du livre écrit en lettres de sang et qui raconte la tragédie qui se joua dans ces îles, des siècles durant.
  7. La jeune : Je ne comprends rien dans ce que vous racontez-là.

Lisez la suite de ce passionnant dialogue adapté pour le théâtre de lecture dans le texte ci-après :

 fichier pdf Labyrinthes

 

Publié dans : 1 Home | le 21 février, 2016 |Pas de Commentaires »

Présentation du blog

baobab

Ce blog littéraire célèbre la vie et met en valeur le patrimoine naturel et culturel de la Guadeloupe à laquelle Charles-Henri MARICEL-BALTUS prête sa plume pour que s’élève sur la toile, un baobab universel.

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Kòlbo est un petit hameau situé en Côte sous le Vent, un microcosme de la Guadeloupe que Charles-Henri MARICEL-BALTUS dans sa trilogie romanesque va utiliser comme le laboratoire du peuple guadeloupéen à inventer. Des années 1960 aux années 2030 avec une escale à notre époque, Kòlbo passera d’une communauté enfermée dans ses certitudes à une société hétérogène ouverte à tous les vents et rêvant de lendemains qui chantent, Taali le héros imaginaire de cette œuvre, en magicien avisé proposera une synthèse sociétale en faisant de la nature et de la culture, les ingrédients majeurs de cette alchimie qui espère changer un royaume enchanté en un pays vrai.

Kòlbo de nos jours, dissout dans le vaste monde, voit ses enfants troquer leurs livres de lecture pour des tablettes de jeux à l’origine d’une prolifération de mirages virtuels. Dans cette désertification rampante ce blog est en quelque sorte un oasis littéraire où jeunes et moins jeunes peuvent venir respirer un air de poésie et étancher leur soif de lecture.

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Les liens rangés dans la colonne ci-contre vous permettent de naviguer à votre rythme. Bonne balade

Logo

Mais Charles-Henri MARICEL-BALTUS, attaché à la nature et à la tradition, va plus loin en proposant d’échapper au monde virtuel pour une escapade dans le monde réel. Cette excursion spatio-temporelle  s’organise par le biais de son association.

Timoun Kòlbo est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901. Elle a pour objet  de contribuer à la promotion de l’écriture et de la lecture en organisant :

-    Des concours de productions littéraires (poésie, écriture théâtrale, nouvelles…) à destination des enfants et en partenariat avec d’autres organismes ou associations du domaine.

-    Des rencontres littéraires en partenariat avec les bibliothèques ou tout autre organisme.

-    Des « théâtres  de lecture » pour les enfants et les personnes âgées.

Les personnes, associations ou tout autre organisme, intéressés sont invités à laisser un message dans notre Boîte mail : timounkolbo@gmail.com

 lecture

La lecture est une aide précieuse pour apprendre à s’exprimer et à penser. Elle est un éveil de l’âme et du cœur, une jouissance de la pensée et des sentiments. C’est une ouverture sur un monde enchanté. Elle nous ouvre toutes les portes de la création et nous invite à mieux comprendre et maîtriser le monde au lieu de le fuir. Elle permet de s’approprier l’histoire, contrairement à un film où l’on assiste à la vision du réalisateur. Les élèves doivent savoir lire pour réussir leur scolarité. C’est la première des priorités car cela conditionne l’accès à tous les domaines du savoir dont le champ s’élargit sensiblement au collège.

(Blog Les Etudiants) 

 

 écriture

L’acquisition de l’écriture par l’enfant est une étape essentielle de sa vie scolaire. Elle couvre une période correspondant à la fin de la scolarité pré-élémentaire et au début de la scolarité élémentaire. Elle est le support de la plupart des apprentissages scolaires. Elle demeure par la suite un moyen privilégié d’expression et de communication.

1. Les fonctions de l’écriture (Liliane Lurçat Psychologie scolaire)

L’écriture remplit un certain nombre de fonctions qui se situent à différents niveaux de l’activité, du plus subjectif au plus objectif.

Elle est, fondamentalement, une activité individuelle au même titre que le langage. Elle constitue pour celui qui la possède un certain rapport au monde et à soi-même (1).

C’est parce qu’elle est une activité individuelle qu’elle devient un moyen d’expression. Quand l’écriture est suffisamment automatisée, on peut la reconnaître comme on reconnaît la voix ou le visage d’une personne. L’expression dans l’écriture fonde les études graphologiques. L’acquisition de l’écriture constitue également une acculturation. L’écriture présente des caractéristiques nationales signalées par les historiens de l’écriture (2). Les tracés individuels révèlent les traits personnels de celui qui écrit ainsi que des particularités culturelles.

L’écriture est un moyen d’élaboration du sens. Parler et écrire constituent deux modes d’élaboration différents et complémentaires. En fixant la pensée, l’écrit oblige à formuler et à préciser ce qui ne peut être que suggéré dans l’oral. Dès lors, l’habitude d’écrire fortifie et entraîne l’exercice de la pensée conceptuelle. L’évolution du langage écrit dépend de l’évolution de la pensée. La syntaxe de l’écrit est plus souple, plus profonde, plus complexe que celle de l’oral.

L’écriture est un moyen de communiquer. C’est sa fonction la plus évidente et la plus banale.

 

Publié dans : 1 Home | le 1 février, 2015 |Pas de Commentaires »

Débat autour de la parentalité

TK7

Dans une famille quelque peu déjantée, une adolescente tente en vain de se faire entendre. Finalement c’est la rue qui lui répondra et fera basculer sa vie. Vous avez certainement reconnu « Tèt kolé sé sa ki lanmou »

Après son succès en 2015 et à la demande du public cette pièce de théâtre est revenue en définitive pour 2 représentations. Il y a bien eu celle du samedi 23 avril à l’auditorium de Basse-Terre où elle a rencontré son succès habituel. Mais il y a surtout eu celle du 30 mars au ciné-théâtre du Lamentin.

Il s’agissait d’une représentation commandée et organisée par les Centres Communaux d’Action Sociale des communes du nord Basse-Terre en partenariat avec le Conseil Départemental. Ce spectacle visait en priorité des familles suivies sur le secteur afin de servir de base à un projet de développement social local intitulé « Ecouter, Regarder pour comprendre et agir ensemble ». Il entendait ainsi amorcer un débat autour de la parentalité.

Lisez cet article de Caraïbe Créole News: fichier pdf CCN

Dans une Guadeloupe où la violence gagne du terrain de jour en jour, cette histoire ne laisse personne indifférente. Après chaque représentation des personnes viennent nous voir pour nous suggérer de proposer la pièce aux organismes sociaux qui s’occupent de la famille. Certaines pensent que, par les temps qui court, elle serait également la bienvenue en milieu scolaire.

« Cette pièce de théâtre qui provoque généreusement le rire et fait pleurer en même temps ne peut être racontée » me disait un spectateur. « Il faut absolument la voir pour s’en faire une idée ».

 Dayè pou gnonn kouté pou tann:

Pour nous contacter, vous pouvez laisser un message dans cette boite : timounkolbo@gmail.com

 

Publié dans : 2 Evenementiel | le 1 mai, 2016 |Pas de Commentaires »

Konvwa a bèl pawòl

La maison d’Editions Nèg Mawon est de plus en plus présente sur la scène culturelle locale. Outre la publication de nombre d’auteurs guadeloupéens, elle anime de nombreuses manifestations autour de la poésie. Au mois de mars j’ai rejoint le « konvwa à bèl pawòl » à deux reprises :

Soufrière

- le 18 à la médiathèque Bernadette Cassin-Pierrot à Saint-Claude pour célébrer le quarantième  anniversaire du dernier coup de colère de Dame Soufrière. La libération de la parole par le biais de la poésie, du slam, du conte mais aussi des témoignages a permis, le temps d’une soirée, d’exorciser ce souvenir douloureux qui fait maintenant partie de la mémoire collective.

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corniche d'orHab CSVT

- Pour clôturer la semaine de la poésie en corniche d’or, la bibliothèque Ancelot Bellaire s’était délocalisée l’espace d’une soirée à l’Habitation Côte sous le vent un lieu touristiques qui expose fièrement les richesses de la région. L’endroit veut également contribuer au développement de la culture en Côte Sous le Vent en mettant à disposition des acteurs du domaine, ses salles et son jardin.

Ce fut une soirée réussie avec des spectateurs conquis, des ainés aux anges et beaucoup de paroles à « bèl pὸz »

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Publié dans : 2 Evenementiel | le 24 mars, 2016 |Pas de Commentaires »

Causerie

 MGEN1 (2)

Le lundi 25 janvier 2015, la section de Saint-François du club des retraités de la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale) a reçu Charles-Henri MARICEL-BALTUS, autour de son dernier roman « La vie au fil des temps ». Il s’agit d’un roman d’anticipation qui projette le lecteur dans une vision de la Guadeloupe des années 2030.

Une trentaine de personnes ont participé à cette rencontre. Madame GALLERON, la responsable de cette association, en parfaite maîtresse de cérémonie,  a fixé les règles du jeu. Les membres qui avaient à peu près tous lu le livre, dans un premier temps échangeront sur leurs ressentis tandis que l’auteur écoutera mais n’interviendra pas.

En résumé, le style d’écriture en fait un roman fort agréable et donc facile à lire. Les lecteurs n’ont pas eu de difficultés à se retrouver dans cette histoire qui se déroule en Guadeloupe et dont les prémices sont déjà perceptibles pour bon nombre d’entre eux. Des conversations entrecoupées d’extraits du livre ont permis de parcourir ce dernier en 2 étapes.  D’abord de 2034 à 2037 pour passer du chaos à l’espoir dans une société qui n’a d’autre issue que de se prendre en main. Ensuite par le truchement de l’imaginaire, dans un futur lointain, se retrouver face aux habitants de Kòlbo réduits à vivre sous terre à cause du soleil devenu mortifère. Une rencontre embarrassante car à l’instar de Taali le personnage principal du roman, notre génération ne peut échapper à  sa culpabilité dans cette « planétricide ». Cette partie du roman a suscité de nombreuses interrogations concernant le mode de vie de ces habitants troglodytes qui renvoient l’humanité à ses débuts.   

Charles-Henri MARICEL-BALTUS a ensuite pris la parole. S’il a apporté quelques éclaircissements au débat, il a le plus souvent confirmé les points de vue exprimés. Il a conclu en soulignant sa volonté de conscientisation d’une société qui selon lui s’étourdit dans les préoccupations du présent et se soucie peu de l‘évolution du monde en plein bouleversement dans tous les domaines.

La rencontre s’est terminée par une séance de dédicaces, suivie d’un pot de l’amitié.

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Livre disponible à la FNAC: http://recherche.fnac.com/ia793318/Charles-Henri-Maricel-Baltus

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Qui est Timoun Kὸlbo ?

Publié dans : 2 Evenementiel | le 26 janvier, 2016 |Commentaires fermés

Les Vanillers

 vanillers

Les Vanillers est un club du troisième âge situé à Pointe-Noire et dirigé par Gérarnette Lesueur. Dans son local, à la rue Dèlgrès, elle organise de nombreuses manifestations culturelles et artisanales à destination de ses membres, tous retraités.

Le mardi 8 décembre 2015 l’association « Timoun Kolbo » s’est rendu au local de l’association pour une initiation au théâtre de lecture. La vingtaine de participants présents ont travaillé  sur le texte « Le frére noël » élaboré par Charles-Henri MARICEL-BALTUS.

Ce texte composé de répliques et de cantiques met en scène 7 lecteurs qui se sont appliqués pour raconter cette histoire aux autres participants. L’exercice a été si bien accueilli qu’il a été retenu pour les spectacle de noël prévu dans une quinzaine de jours.

Nous avons passé deux agréables heures avec nos aînés qui nous ont étonnés par leur engagement et leur dynamisme.

Publié dans : 2 Evenementiel | le 12 décembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Médiathèque de Vx-Habitants

affiche

Le vendredi 12 juin 2015 Charles-Henri MARICEL-BALTUS a présenté « La vie en face », le deuxième roman de sa trilogie romanesque sur l’évolution de la société guadeloupéenne.

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La petite salle de la médiathèque de Vieux-Habitants, organisatrice de la manifestation, n’a pas fait foule mais a accueilli un public généreux et sympathique.

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Le débat était conduit par Frantz GERAN qui avait à l’évidence fait un intéressant travail de recherche sur l’auteur. Le décor fut planté par une courte biographie de l’intéressé et un survol de son œuvre. Le public a pu ainsi suivre Charles-Henri MARICEL-BALTUS dans sa quête de sens  à travers les cultures de l’humanité.

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Le roman fut ensuite ouvert et présenté en trois parties conformément à l’organisation de l’ouvrage. Un bref résumé et des lectures d’extraits suivis d’un débat souvent animé a permis, en à peu près 2h, de traverser du début à la fin un récit d’actualité et parfois philosophique.

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-          La tragédie de Maud a soulevé de nombreuses questions sur les dangers d’internet pour un public non averti sans pour autant remettre en question l’utilité d’un tel outil à notre époque.

-          Le voyage de Talli en Terre Sainte et son questionnement sur le sens de la vie ne pouvait en période de doute, laisser l’auditoire indifférent.

-          L’auteur n’a pas eu de mal à entraîner l’assistance dans ses interrogations sur la société guadeloupéenne et en particulier sur son devenir.

Après une intervention de Mme DANDE représentant la municipalité, Marga LETIN la Directrice de la Médiathèque a clôturé la soirée  en remerciant chaleureusement tous les participants à cette manifestation.

Bibliographie

Nombre de personnes ont voulu aller plus loin en se procurant les ouvrages de l’auteur.

Publié dans : 2 Evenementiel | le 10 juillet, 2015 |Pas de Commentaires »

Tèt kolé

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L’association La Luciole présente « Tèt kolé » la dernière pièce de Charles-Henri MARICEL-BALTUS mise en scène par Harry BALTUS assisté de Nelly BOROMEE

En à peu près une heure trente, dans une ambiance complètement désopilante cette comédie-dramatique vous entraînera à l’intérieur de la société, là où d’ordinaire on se contente de surfer sur l’info médiatique.

Dans une famille un peu déjantée une adolescente, Marly, tente en vain de se faire entendre des siens. Mais seule la rue fera écho à ses appels. Elle glisse et dérape. D’élève en difficulté elle devient délinquante malgré elle. Sa défunte grand-mère semble désormais la seule  à pouvoir l’arrêter dans sa chute mortelle. Mais y parviendra-t-elle ?

Pour tout savoir je vous invite à découvrir cette pièce, à la fois comique et tragique et qui de ce fait donne du plaisir tout en suscitant la réflexion au sujet de problématiques qui sont au cœur de notre société.

La Luciole vous attend, le vendredi 1er mai à 19h à l’espace Yves Rémy à Pointe-Noire, le vendredi 8 mai au Ciné-Théâtre du Lamentin, le samedi 16 mai à la salle Georges Tarer à Pointe à Pitre, le mardi 19 mai à la salle Robert Loyson au Moule, le vendredi 29 mai à l’Auditorium de Basse-Terre.

Pour satisfaire aux nombreuses demandes exprimées par la population de Pointe-Noire, Tèt Kolé revient à l’espace Yves REMY le mercredi 8 juillet 2015 à 19 heures.

Vous pourrez découvrir ou redécouvrir les comédiens dans leur rôle respectif :

Neddys DESCOTEAUX, Marly une adolescente

Rosiane JEAN-VOLDEMAR, la mère Doun

Hellin ANGOLE, le père Kòk

Girard JEAN-VOLDEMAR, konpè Wowo un ami de Kòk .

Jean-François ANNEROSE, un jeune en difficulté

Yasmine BALON, Flòr une jeune en difficulté

Ali GAMIETTE, Blokoto un ami de Kòk

Roger MARECHAUX, le Principal

Ingrid BOMBO, le professeur

Turenne RAABON, le commissaire

Alex ALIANE, le médecin

Lucienne JEAN, la grand-mère

La troupe

Publié dans : 2 Evenementiel | le 29 avril, 2015 |Pas de Commentaires »

La Luciole 1964-2014, 50 ans de lumière.

1

Au temps où les dieux aménageaient la Terre, tandis que l’Amérique s’étirait entre les deux pôles, telles des épines dorsales d’un poisson corallien, un chapelet d’îles se dressa à la surface des eaux pour former le bassin des Caraïbes.

 2

Papillon sculpté par quelque sirène amoureuse, Karukéra déploya ses ailes exhibant aux yeux des mondes la corniche d’or, étrenne du Dieu Soleil. Des roches couleurs d’ébène, semence de volcans en chaleur, s’incrustèrent dans l’écrin forestier riche des essences telles que, mahogany, acajou rouge, courbaril, résolu, laurier rose qui en nombre se dressaient majestueusement pour recevoir l’élixir solaire. Une eau cristalline émergeant des entrailles de la terre donna naissance à une palette de rivières qui de Petite-Anse à Colas s’évertuèrent à rendre la terre fertile. La mer pour se reposer enchâssa dans la côte rocheuse des lits de sable fin. L’Eden pointe-noirien était prêt à accueillir ses premiers hôtes. Le tapé et le scieur de long s’installèrent en maître des lieux.

3

Une myriade de lunes plus tard à la faveur des tsunamis historiques sur les rives de l’île aux belles eaux, des hommes furent rejetés. Amérindiens échoués, Européens accostés, Africains déchargés, Indiens transportés. Un « zagalakatéléman » racial que le temps s’échina à mélanger pour former un peuple métissé. Pointe-Noire, Eden pour certains, Hadès pour d’autres mais Terre Promise pour tous se mit en quatre pour accueillir tous ses enfants.

4

A force d’agitations le mélange finit par se dissoudre dans une vapeur post-esclavagiste et forma ici et là quelques lueurs évanescentes. Quelques « sosyétés » telles que l’holliday’s club, l’aurore, le Foyer culturel, la société sportive pointe-noirienne et quelques autres eurent le mérite de jeter sur  des consciences groggys les premiers éclats lumineux sans toutefois provoquer l’aurore culturelle espérée.

5

Au début des années soixante tandis qu’à l’Ouest une étoile se levait pour guider quelques pionniers de la communauté sportive, un klendenden monta de la savane. Il jetait tout autour de lui des étincelles de culture créoles perforant l’obscurité coloniale et annonçant l’aube culturelle que tous inconsciemment attendaient. Ainsi naissait La Luciole.

6

Comme pour tout nouveau né, il fallut des géniteurs. Louise Perrier-Latour, Yves Rémy, René Philogène, André Garnier, Max Rancé avec d’autres prirent conscience de la nécessité d’agir pour tenter d’homogénéifier cette société composite. Ils imaginèrent un liannaj culturel et devinrent ainsi les parents fondateurs de la Luciole. L’acte de naissance fut dressé le 11 juillet 1964.

7

Encouragé par ses pères, la nouvelle venue s’anima et vola de création en création pour tantôt adoucir les cœurs, tantôt éclairer les esprits. Ceux qui l’avaient conçu espéraient dissiper l’obscurantisme qui parfois enveloppait les communautés. Des activités culturelles virent le jour. Après-midis récréatives, soirées dansantes, défilés carnavalesques et sorties, surprirent plus d’un puis émerveillèrent bon nombre avant d’entraîner la foule. La Luciole devenant populaire s’émancipa. Des expositions mettant en lumière l’artisanat local telles que la peinture, la photographie d’art où même le journalisme, réveillèrent des talents jusque là en hibernation dans des âmes assoupies.

8

Si la Luciole est le fruit d’une réflexion commune, un homme va particulièrement contribuer à sa réussite. De Président il devint père en faisant d’elle sa fille. Pendant plus de trente ans il l’accompagna à tous ses rendez-vous, aussi bien culturels que sportifs, en se dépensant sans compter pour l’emmener de succès en succès. Vous l’avez tous reconnu. Il s’agit bien sûr du Président Yves Rémy qui nous accueille et auquel on ne peut s’empêcher de faire un petit clin d’œil.

9

Yves REMI et René PHILOGENE firent de l’émancipation de l’homme guadeloupéen la raison d’être de la Luciole. Hommes aux tempéraments complémentaires ils s’employèrent à sortir des sentiers battus en innovant avec des actions qui pouvaient déranger quelques uns, confortablement installés sur leur chaise à porteurs. Ce fut particulièrement le cas dans le domaine culturel où il fallut défricher la pensée collective pour planter de nouvelles idées. C’est ainsi qu’à une époque où nous étions encore arrière petit-fils de gaulois, ils contribuèrent à faire entrer l’histoire de la Guadeloupe dans la société à travers des manifestations telles que le théâtre. La pièce  « Menm baye, menm konba », écrite et produite par René PHILOGENE en est une vivante illustration. Cette pièce qui relate une période majeure de l’histoire de la Guadeloupe arracha de l’ombre de la colonisation la figure emblématique du colonel Delgrès  dont l’épopée en émut plus d’un. Des représentations telles des coups de projecteur sur la conscience collective furent données dans diverses villes du département. Le succès finit par déborder notre île pour atteindre les rives de la Martinique. Au fil des représentations des anecdotes avaient fleuri, certaines plus pimentées que d’autres, surtout lorsqu’elles tournaient autour des feu Gros Jacques ou autre Bardochan.  Aujourd’hui encore, il n’est pas rare qu’un reflux fasse remonter de quelque entraille un hoquet picotant.  Nos défricheurs de conscience avaient fait d’une pierre deux coups. Par le truchement du théâtre, ils avaient sortis des sous bois coloniaux les pères mêmes de la liberté, et de la rue, les anonymes qui allaient les représenter. Quelques années plus tard avec « Sonjé », autre interprétation historique, de nouvelles graines d’acteurs sont venues enrichir le terroir. C’est ainsi que Laura PERRIER-LATOUR fut révélée au public dans le rôle de la « Mulâtresse Solitude ». Mais emportés par leur élan, nos pionniers n’en restèrent pas là. Avec d’autres ils caressèrent l’idée de faire sortir la Guadeloupe de son isolement dans la Caraïbe. A une époque où la plupart des chemins qui partaient de Guadeloupe menaient non pas à Rome, mais à Paris, ils prirent l’initiative de tracer quelques raccourcis dans le bassin caribéen. Des barrières artificielles, tombèrent le temps d’une rencontre sportive ou culturelle avec un voisin anglophone. Dans le même temps des passerelles relièrent les imaginaires permettant de découvrir à travers l’adaptation théâtrale une œuvre telle que « Gouverneur de la rosée » de l’Haïtien Jacques Roumain.

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Mais la Luciole, esprit précoce après une émancipation culturelle rapide dévoila très tôt ses capacités physiques à travers l’expression sportive. Dans sa frénésie elle toucha à différents ballons mais se saisit d’un seul. Guidée sans doute par quelque dieu du sport elle préféra le basket à d’autres disciplines telles le volley-ball ou le hand-ball. Dès 1967, la première équipe masculine voyait le jour avec des joueurs tels que Gérard Perrier-Latour, Edouard Rousseau, Roland Désirée, Max Rancé, Alain Rancé, Guy Haguy, Julan Jolo surnommé Poppy, Georges-Henri Iscaye dit Toto, Jacques Labry et quelques autres. José MISHER qui ne craignait sans doute pas d’incarner l’esprit du kledenden accepta de prendre la direction de ce rassemblement pour le mener vers des lendemains qui chantent. Et de fait, gravissant les marches plus vite que prévue l’équipe, l’année suivante remporta un tournoi organisé par la ligue de basket et passa dans la division supérieure. Peu de temps après une équipe féminine lui emboita le pas. Mesdemoiselles Marie-Cécile Cayol, Jacqueline Rousseau, Josiane Perrier-Latour, Marie-Louise Rousseau pour ne citer que celles-là expérimentèrent à leur tour l’ivresse de la compétition.

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S’abreuvant des années qui s’égouttaient la Luciole s’épanouit jusqu’à s’imposer dans le paysage du basket-ball guadeloupéen, jalousement gardé par une élite citadine. Dans les années quatre-vingt, les frères Rousseau imposèrent leurs empreintes au club. Celui-ci alors tutoya les sommets avant de s’y poser en 1988, année où il gagna tout ce qui tout ce qui avait été organisé. Le championnat de la Guadeloupe, la coupe de la Guadeloupe et la coupe France-Antilles étant parmi les plus convoités. Un des joueurs emblématiques « Bozo » alla même jusqu’à déclarer « menm sé on pòt a yaout yo mèt en jé nou sèten gagné-y ». C’est d’ailleurs cette année-là que, pour la première fois, une équipe antillaise remportait une victoire sur le territoire national à Saint-Aman Les Eaux. Il s’agissait de la phase finale du championnat de France de national 4. La Luciole sortit à la troisième place et ouvrit du même coup un passage transatlantique au basket-ball guadeloupéen.

Entretemps José MISHER  appelé à d’autres occupations avait été remplacé par Calvin BRYANT mais les victoires telles des perles continuèrent à s’enfiler dans le temps qui s’allongeait tandis que la vitrine du club s’emplissait de l’éclat des mille feux que projetaient les coupes qui se multipliaient avec les années.

En ce cinquantième anniversaire voulant sans doute nous rassurer quant à l’avenir du club, les équipes sportives ont marqué la saison 2013 – 2014 d’un faisceau d’empreintes victorieuses. Chacun est allé de son éclat lumineux, de l’école de basket masculin jusqu’aux séniors qui sous la direction de Guy Rousseau ont terminé premier du championnat de deuxième division et ont signé d’ores et déjà leur retour en division excellence.

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La maturité culturelle atteinte, ses créations se diversifièrent allant jusqu’à déborder Pointe-Noire pour se répandre dans l’archipel guadeloupéen. Entretiens-débats, rencontres littéraires, dîner poétique ont été créés, imprégnant espaces public et privé d’un halo culturel. Mais dans ce foisonnement artistique le théâtre se maintint toujours à la bonne place. Au milieu d’une riche production, « La vie en face », une adaptation du roman de Charles-Henri MARICEL-BALTUS par René PHILOGENE connut en 2010 un succès régional. Avec une pièce en moyenne par an et un accompagnement privilégié de l’Artchipel, la Luciole devint une pépinière de nouveaux talents. Aux côtés des comédiens se sont élevés des écrivains et des metteurs en scène telles Ghislaine BISSECK ou Nelly BOROMEE-MIGEREL.

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Après une trentaine d’année passée à la tête de la Luciole et 2 faux départs Yves REMY, sans doute la mort dans l’âme choisit de se mettre en retrait. Et la Luciole, telle une orpheline dut s’habituer, non sans mal, aux  successeurs de son père de président, près d’une dizaine en 20 ans. Parmi eux Lucette COGNET, la seule femme qui en exerçant de 1994 à 1996 resta dans la moyenne et marqua de son empreinte féminine son passage à la tête de l’association.  D’autres nous regardent aujourd’hui de loin. C’est le cas de Jean-Elie BARDOCHAN et de Claude GAUTHIER qui cheminent dans l’autre monde aux côtés d’Yves REMI … Joseph SALMIER, Raoul CETOUT, Josée NEREE, Michel GREGOIRE, Tony SINIVASSIN et Xavier DESPLAN viennent compléter une enfilade de Présidents qui, chacun à son rythme, a su mener contre vents et marées, la Luciole jusqu’en 2014 pour nous faire vivre ce cinquantième anniversaire.

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50 ans c’est l’occasion pour nous de marquer le pas et de prendre un temps de réflexion. En1964, l’année de naissance de notre association l’homme guadeloupéen avait un impérieux besoin de se construire. Arrière petit fils d’esclave il avait, malgré lui, accumulé beaucoup de retard par rapport à la marche du monde. Sachant assez mal d’où il venait, il lui était alors impossible de connaître où il était et encore moins où aller. Aujourd’hui il a résolu deux de ses problèmes. Il sait d’où il vient et à peu près où il est. Dans cette nécessaire quête identitaire, la Luciole peut se réjouir de lui avoir donné un discret « palkonduit »

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Si aujourd’hui notre passé s’est éclairci, notre futur est toujours aussi opaque qu’au début si ce n’est davantage. Pris dans la dynamique d’un monde en déboulé nous fonçons à tombeau ouvert vers on ne sait quelle destination. Etourdit par les plats de pacotille qui nous sont servis à tour de bras, nous semblons aveugle à nos richesses naturelles et encore davantage aux menaces qui pèsent sur elles. Dans notre Eden créole où à l’origine le fruit défendu ne semble pas avoir pris racine, il est grand temps de nous lancer dans une chasse au trésor afin de cueillir les merveilles de la vie qui pourraient largement suffire à notre bonheur.

Si le klendenden veut bien nous servir de guide dans l’exploration de notre Cité d’Or, par ces temps d’éblouissement virtuel, ses petits éclats lumineux naturels seront la bienvenue.

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Programme

RETOUR

Charles-Henri MARICEL-BALTUS (04/07/2014)

Contribution photographique: Edouard P-LATOUR

 

 

Publié dans : 2 Evenementiel | le 12 juillet, 2014 |Pas de Commentaires »

Débat sur notre devenir

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La vie au fil des temps poursuit sa percée dans l’univers littéraire guadeloupéen en suscitant critiques et interrogations. Il est rare en effet de trouver dans nos régions des ouvrages qui projettent la société sur l’écran du futur. En revanche nous avons beaucoup écrit sur le passé, et c’est normal car il était fondamental pour nous de traiter en priorité la question de nos origines.

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S’agissant du présent, à une époque où le temps culturel s’accélère, il se vit de plus en plus vite allant même jusqu’à absorber une partie du futur.

L’avenir, quant à lui, est souvent abandonné aux prophètes qui en font une lecture mystérieuse et fascinent de plus en plus en ces temps incertains. C’est ainsi que plusieurs attendent la fin du monde pour bientôt. Il n’y aurait dès lors plus aucune raison de préparer l’avenir terrestre et encore moins celui de la Guadeloupe. Si l’avenir est difficile à prévoir, certains évènements du présent peuvent néanmoins nous fournir quelques indications sur notre devenir, à condition de prendre un peu de recul par rapport à notre quotidien. L’Europe par exemple a dominé le monde, sans partage, pendant des siècles et continue d’éblouir. Aujourd’hui cependant l’économie façonne le monde. De nouvelles puissances émergent et la réalité c’est que le vieux continent est sur le déclin entraînant dans sa chute  les derniers confettis de l’empire. La vie au fil des temps a le mérite d’aborder ce délicat problème, trop souvent occulté.

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Malgré l’intérêt que peut susciter un tel thème,  le coût élevé de l’ouvrage reste un frein à sa diffusion en période de crise. Cependant à chaque occasion, il ne manque pas de provoquer le débat autour de notre devenir et c’est bien là son objectif.

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Le samedi 8 décembre l’auteur dédicacera son ouvrage à la librairie LIB’COM, à Grand-Bourg de Marie-Galante, en compagnie de Bernard Leclaire.

Pour découvrir l’ouvrage cliquer sur ce lien : La vie au fil des temps

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Publié dans : 2 Evenementiel | le 1 décembre, 2012 |Pas de Commentaires »
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